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What colour is your building ? (David Clark)

Posté par admin le 02/06/2015 à 14:50 Dans Habitat,Industrie | Pas de commentaire

Bâtiment durable : mesurer et réguler la consommation d’une construction

Dans son livre What colour is your building ? David Clark étudie les dépenses énergétiques des immeubles de bureaux, propose des outils pour les mesurer et des moyens d’éviter le gaspillage. L’auteur donne des solutions concrètes  afin d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et la gestion de la  consommation d’énergie. Il s’agit d’un enjeu de taille pour l’ensemble des acteurs – entreprises, occupants des bâtiments, constructeurs, designers, architectes – mais aussi, et surtout pour diminuer les émissions de CO2 nuisibles à l’environnement.

En effet, les immeubles (d’habitations et de bureaux) représentent 40%[i] de la dépense énergétique globale et 30% des émissions de gaz à effet de serre. Ce taux doublera dans 20 ans. Pour l’auteur, il est possible de construire des bâtiments à zéro émission sans que cela ne provoque de grands bouleversements. Il n’existe pas d’immeubles propres : en 2013, le taux le plus bas en matière de dépense d’énergie s’élevait à 30kgCO2/m2.

Mesurer l’empreinte énergétique des constructions pour améliorer la performance énergétique

L’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments ne se réduit pas à l’utilisation de matériaux plus performants (comme la laine minérale pour les isolations) lors de la construction, il faut aussi que les occupants des bureaux renouvellent  leur façon de consommer l’énergie.

Afin de diminuer la consommation d’énergie, David Clark propose une méthodologie pour établir un diagnostic énergétique[ii] en 10 étapes : il est d’abord nécessaire de mesurer la quantité d’énergie utilisée par le bâtiment et de fixer un nouveau seuil à atteindre. Les 6 étapes suivantes doivent permettre de définir les postes de dépenses et calculer leur empreinte énergétique : éclairage, ventilation, équipements (ordinateurs) etc. Enfin, Clark met l’accent sur le comportement et la maintenance intelligente des bureaux. En effet, il est nécessaire que les occupants des lieux s’investissent pour faire des économies d’énergie[iii] .

L’auteur donne des outils d’étude comparative concrets pour mesurer l’empreinte carbone des bâtiments en privilégiant une approche globale. Les données qui permettent de calculer les émissions d’une structure sont diverses : les détails de la construction, la surface, les émissions de carbone par habitant…
Il faudrait rendre publics les taux d’émissions polluantes tous les ans, afin que les occupants et managers des établissements puissent continuer, et accentuer leurs efforts.

Pour améliorer la performance énergétique de ces bâtiments il faut donc de nouvelles technologies moins consommatrices d’énergies et plus intuitives. Certains établissements donnent l’exemple : usage de capteurs de présence pour économiser l’électricité, ventilation double flux avec récupération de chaleur. Il est aussi nécessaire de sensibiliser les constructeurs, architectes et designers. Les bâtiments doivent être propres lors de leur construction ou de leur réhabilitation, et intelligents. En ce sens le « passive design » joue un rôle important, par exemple  « passive solar design » cherche à optimiser l’éclairage naturel (par l’exposition, l’usage de fenêtre basculante).

Une approche totale et locale

Pour calculer l’empreinte énergétique totale des immeubles de bureaux, David Clark propose le  whole carbon footprint benchmarking.  Il prend en compte toutes les dépenses énergétiques liées indirectement aux bureaux, par exemple les usines qui produisent les matériaux nécessaires à la construction et à l’équipement des immeubles.

L’auteur s’intéresse particulièrement aux modes de transports utilisés par les occupants des immeubles, qui doivent se rendre sur leur lieu de travail: au Royaume-Uni, les transports sont à l’origine de 20 % à 25% des émissions de CO2. Le mode de transport privilégié dans ce pays est la voiture (78% en 2011). L’auteur réfléchit donc à la localisation d’un immeuble de travail afin de minimiser l’usage de la voiture et d’encourager les transports en commun. Il s’agit d’une donnée centrale –et variable selon les bâtiments- dans la mesure de l’empreinte énergétique des constructions : il faut aussi promouvoir un transport propre. Dans cette étude spatiale de la construction, il est à noter que les transports en commun sont plus utilisés en ville et notamment à Londres (hausse de 48% en 2011)[iv].

Dans son approche globale, l’auteur se penche sur les  dépenses énergétiques dues à la production et  à l’acheminement de l’énergie. L’option de l’auto-production lui paraît donc préférable, en installant des sources d’énergies renouvelables[v] dans le bâtiment lui-même notamment pour la production d’électricité et le chauffage, comme les panneaux photovoltaïques.  Cependant, chaque construction est unique, et il faut s’adapter à chaque bâtiment (sa localisation, ses potentialités techniques). Ainsi, l’utilisation de l’énergie biomasse peut être contraignante à cause de l’acheminement et du stockage.

Il conclut en mettant son propos en perspective : ce changement de pratique est à la fois un enjeu climatique et doit devenir un enjeu économique. Il s’agit d’investir dans un secteur d’activité qui participe à l’élaboration de ces bâtiments propres. L’enjeu économique est aussi important pour les occupants de ces immeubles, qui, en réduisant leur consommation, réduisent les coûts de production de l’entreprise qui devient ainsi plus compétitive. Il est donc temps, selon lui, de changer la couleur des immeubles.


[i] L’ensemble des données sont extraites du document  What is the colour of your building ?

[ii] Voir en France les propositions de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) pour l’audit énergétique en entreprise et de L’ADEME Centre- Val de Loire

[iii] En France, l’ADEME  soutient la mise en place de « responsables énergie » : ADEME Centre- Val de Loire

[iv] Pour plus d’informations, lire l’annexe de D. Clark

[v] Sur ce sujet, lire l’annexe de D.Clark


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Lien de l'article: http://www.efficacite-electrique.fr/2015/06/what-colour-is-your-building-david-clark/

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