Les économies d’énergies, par où commencer ?

Le  12 février 2015, les sénateurs Français ont entériné l’obligation de rénovation pour les logements les plus consommateurs d’énergie d’ici à 2020. La réduction des délais impartis à l’exécution de ces travaux (de 2030 à 2020) s’est justifiée alors par plusieurs facteurs, notamment l’urgence de prendre des mesures efficaces pour limiter l’empreinte carbone nationale. Par ailleurs, les experts du secteur énergétique prédisent une augmentation de 30% du prix de l’électricité en France d’ici à 2016. Pour endiguer les effets d’une telle inflation, la rénovation du parc locatif constitue un axe stratégique, y compris pour l’usager qui se trouve en interaction avec une pluralité d’acteurs.

I- L’amorce des travaux de rénovation du bâtiment

Selon une étude Ifop menée en 2013,  9 propriétaires sur 10 affirment que la performance énergétique est un critère essentiel lors de l’acquisition d’un nouveau logement.  Ces chiffres confirment donc cette inquiétude profonde qu’ont de plus en plus d’usagers d’électricité quant à l’impact de leur consommation. Pour répondre à cette préoccupation, le Ministère de l’écologie en France a mis en place le diagnostic de performance énergétique (DPE) devenu obligatoire lors de toute opération de vente ou de location du logement. Par le biais de ce bilan réalisé uniquement par un professionnel mandaté, le gouvernement français a visé un double objectif : sensibiliser davantage les usagers aux effets de leur consommation sur le réchauffement climatique et leur fournir une base pour la mise œuvre d’un plan de rénovation de leur logement.

Rendue également obligatoire – pour les bâtiments énergivores – dans un contexte de transition énergétique, la rénovation du bâtiment se développe en Europe. Elle cible trois axes principaux : le chauffage, l’isolation et la qualité de l’air, compte tenu de la consommation d’énergie qu’elles représentent. Une première étape peut être l’utilisation d’une chaudière économe (condensation, micro-génération, granulé) qui nécessite moins d’énergie de fonctionnement que les chaudières classiques. Le recours à un chauffage solaire se montre encore davantage bénéfique. Pour l’amélioration de la qualité de l’air, l’emploi des puits canadiens, associés à des dispositifs performants de ventilation comme la ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux ou la pompe à chaleur assure un confort optimal du domicile. Une correcte exécution des travaux d’isolation s’avère également déterminante pour l’atteinte des objectifs énergétiques ; et un recours à la domotique par l’automatisation et la programmation d’appareils permettrait d’accroître davantage la performance.

Consciente de la part de l’électroménager dans la consommation d’énergie des ménages, l’Union Européenne a voulu impulser une transition vers des appareils économes en énergie. Cette politique déclinée à travers les étiquettes énergétiques fournit des indications aux usagers européens quant à la performance énergétique d’un appareil. En révisant régulièrement les différentes échelles de classes d’efficacité énergétique, l’UE a encouragé le développement de technologies de plus en plus économes, tout en interdisant les équipements les moins performants.

II- De la performance énergétique du logement à l’efficacité économique des ménages

Si une infrastructure législative utile à la promotion des économies d’énergies peut être aujourd’hui reconnue à la plupart des pays européens, la réalisation des travaux d’économie d’énergie relève davantage de la prise de conscience de l’usager. Cette prise de conscience peut elle-même être motivée par plusieurs raisons, à commencer par la réduction des dépenses énergétiques. En effet, l’Energy Information Administration fait état d’une augmentation régulière des prix d’électricité ces dernières années, bien visible en France avec la hausse de la Contribution au service public de l’électricité (CSPE), qui sert notamment à financer le développement des énergies renouvelables. La réalisation de travaux de rénovation d’un logement représenterait ainsi une opportunité économique dont le retour sur investissement serait perceptible à long terme. Par ailleurs, le gaspillage énergétique est un facteur de dépendance aux énergies fossiles et donc, une cause du réchauffement climatique global. Au-delà, la rénovation assurerait au bailleur une valorisation de son patrimoine immobilier en tant que logement performant lors de la vente ou de la mise en location ; ce qui est devenu un critère de décision important, voire déterminant.

Indépendamment de la motivation initiale des consommateurs, les acteurs publics communautaires, nationaux et  même locaux se sont mobilisés afin de fournir aux usagers des aides pour le financement des travaux. L’une des facilités mises à la disposition des propriétaires est la possibilité de cumuler plusieurs subventions différentes. En France, un service en ligne, Rénovation info service, a même été mis en place afin d’accompagner les usagers dans la définition de leur projet de rénovation. Ces différentes actions sont conduites concomitamment avec les campagnes de sensibilisation aux éco-gestes du quotidien, tout aussi essentiels pour la préservation de l’environnement.

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