L’internet des objets : vers une société plus économe et plus productive

80 milliards de « choses » connectées en 2020 : un monde technologique aux applications infinies

Avec l’Internet des objets, la connexion, jusqu’ici limitée à l’électronique, se transpose aux objets du quotidien. Capables d’enregistrer, d’analyser et d’échanger des données, ces objets sont, selon l’Idate, plus nombreux que la population mondiale (15 milliards) et leur nombre devrait être multiplié par 5 (80 milliards) d’ici 2020. Tout ou presque devient mesurable et contrôlable : la présence dans une pièce, la température, la qualité de l’air, la luminosité…

Transposées à l’échelle d’un bâtiment, les perspectives sont encore plus larges. Ainsi les déperditions de chaleur, les fuites d’eau ou de gaz peuvent-elles être surveillées en permanence. A distance, un individu peut s’assurer que ses fenêtres sont fermées et son chauffage éteint, ou peut augmenter la température au moment de rentrer chez lui. Quand il n’y a personne dans la maison, la lumière s’éteint automatiquement. Quand quelqu’un se lève la nuit, un couloir lumineux lui permet de se déplacer sans craindre de rencontrer un obstacle. Il s’agit là du développement ultime de la domotique. Les Etats-Unis comptaient 3,5 millions de maisons intelligentes fin 2012. Additionnées aux maisons intelligentes européennes, il devrait y en avoir 36 millions en 2017. Au cœur du réseau smart grid, les informations de chaque objet, devenues disponibles, permettent d’allouer efficacement l’énergie et de la réinjecter dans le réseau.

Cette rupture technologique préfigure une nouvelle société, à la fois plus productive et plus économe en énergie

La société devient plus productive : les objets connectés permettent de quantifier et d’analyser un très grand nombre de données, optimisant le fonctionnement de tous les appareils dans un domicile mais également dans une entreprise. Ils sont ainsi un gisement de créativité et de productivité en termes de production, de maintenance et de management. L’interconnexion démultiplie les gains de temps, d’efforts et d’argent : la sécurité, la température et le confort des occupants deviennent modulables dans tous les habitacles connectés, de la maison à l’usine, en passant par la voiture. L’usine devient capable de produire de façon flexible et agile, en minimisant les gaspillages de matières premières et les déchets produits.

L’internet des objets permet également à la société de devenir plus économe en énergie. Dans l’usine, où l’AIE estime que les systèmes actionnés par des moteurs électriques représentent 43 à 46 % de la consommation mondiale d’électricité, la mise en place de moteurs à haut rendement et de variateurs de vitesse automatisés a permis au groupe Bosch par exemple de réaliser des économies d’énergie de 30 à 80 % par machine installée. Pour le grand public, le premier exemple visible d’objet connecté a été le compteur d’électricité intelligent mais ce dernier n’est qu’une étape : le thermostat intelligent de Nest vient analyser les habitudes de consommation des habitants de la maison pour leur communiquer sur smartphone relevés, alertes et conseils. A sa suite, Schneider Electric a lancé son système Wiser, Legrand et Deltadore proposent une Dombox à vocation plus large (musique, TV, téléphone) tout comme Castorama avec sa Blyssbox, chacun s’efforçant d’étendre les interconnexions et donc les possibilités de son système.

L’interopérabilité et l’expérience utilisateur au cœur du développement de ces technologies

Le potentiel de l’internet des objets apparaît presque sans limite, et permettra un progrès important vers l’efficacité énergétique. Les smart homes, encore peu nombreuses, sont vouées à se multiplier. Demeure cependant la problématique de l’interopérabilité des systèmes, à laquelle les industriels commencent à s’attaquer. Samsung, par exemple, a déclaré au Consumer Electronics Show 2015 son intention de produire des objets connectés au système « totalement ouvert » afin de les rendre compatibles avec les autres systèmes, et ainsi sauvegarder la philosophie même de l’internet des objets : la capacité des machines à communiquer entre elles. Avec au cœur de leur stratégie l’expérience utilisateur et l’ouverture pour progresser vers l’efficacité énergétique, les énergéticiens réaliseront le potentiel de ce nouveau monde technologique.

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