L’efficacité énergétique, prochain moteur de la croissance européenne

efficacité énergétique, Union européenne, transition énergétique, croissanceLes 23 et 24 octobre, le Conseil européen s’est réuni afin de fixer les grands axes du Paquet Climat Energie 2030. En établissant l’objectif d’augmentation d’efficacité énergétique à 27%, le compromis réalisé entre les pays membres doit notamment permettre de dynamiser l’investissement. Il s’agit d’un secteur stratégique, comme le souligne la récente étude de l’Agence Internationale de l’Energie qui évalue le marché des économies d’énergies entre 310 et 360 milliards d’euros.

L’Union Européenne rehausse ses objectifs d’efficacité énergétique

La Directive du 4 décembre 2012 avait instauré un objectif indicatif de 20% d’efficacité énergétique  supplémentaires pour 2020. Afin de suivre les progrès réalisés, les partenaires devaient transmettre un plan d’action d’efficacité énergétique à la Commission européenne. En avril dernier, The coalition for energy savings[1] avait montré les limites des mesures en vigueur. Afin d’accroître les performances énergétiques des économies européennes, le Paquet Climat Energie adopté les 23 et 24 octobre derniers a finalement porté l’objectif à 27%.

Comme le rappelle le Vice-Président de la Fieec, Luc Remont : « Il n’y a pas de transition énergétique sans efficacité énergétique. Les technologies et solutions existent, sont matures et prêtes à l’emploi : il ne reste plus qu’à les intégrer au cœur des politiques publiques ». C’est pourquoi, dans le cadre d’action retenu à Bruxelles, « le Conseil européen invite la Commission à continuer d’étudier des instruments et des mesures en vue d’une approche globale et technologiquement neutre pour la promotion de la réduction des émissions et l’efficacité énergétique ».

L’efficacité énergétique : une ambition tant environnementale qu’économique

A la suite de ces négociations, les institutions européennes se félicitent du signal positif envoyé en vue de la conférence des parties pour le Climat, qui se tiendra à Paris en décembre 2015. Toutefois, si l’ambition d’apparaitre à la pointe de la transition environnementale mondiale a été respectée, elles insistent aussi sur la dimension économique de ces mesures. En effet, le sommet est à l’origine de la création du mécanisme « NER 400 », un fonds géré par les Etats membres en collaboration avec la Banque Européenne d’Investissement.

Au lendemain de la réunion (28/10), le think-tank Terra Nova a également souhaité insister sur le fait que « l’efficacité énergétique représente dès aujourd’hui le plus important gisement d’investissements rentables si l’on considère les nombreux bénéfices associés ». Selon le groupe de réflexion progressiste, le choix de l’efficacité énergétique permet à la fois de créer des emplois et de réduire les dépenses publiques. Outre les recettes fiscales générées par ces activités, les autorités attendent surtout des économies directes sur les services publics, tels que l’éclairage public.

Une stratégie soutenue par l’Agence Internationale de l’Energie

Par ailleurs, plusieurs autres indicateurs économiques viennent soutenir cette stratégie. Eurostat rappelait par exemple que la consommation intérieure brute d’énergie de l’UE était couverte à 53,4% par des importations. Qui plus est, d’après le centre commun de recherche JRC, « un tiers de la consommation totale d’énergie est encore gaspillée par manque d’efficacité ». Autant de bonnes raisons qui conduisent l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) à encourager les démarches en faveur de l’efficacité énergétique.

Dans son rapport 2014 sur le marché de l’efficacité énergétique, l’AIE affirme que le financement de l’efficacité énergétique n’est plus une « niche ». Il est vrai qu’au total, la banque d’investissement allemande aura dépensé 16 milliards d’euros pour ces technologies, tandis que la Caisse des Dépôts y a consacré 453 millions d’euros. Ainsi, Maria van der Hoeven, Directrice exécutive de l’AIE résume : « L’efficacité énergétique est le moteur invisible qui travaille en coulisses pour améliorer notre sécurité énergétique, réduire nos factures et atteindre nos objectifs en matière climatique ».

En savoir plus :


[1] « The coalition for energy savings» : l’organisation européenne regroupe des associations environnementales, des syndicats, des collectivités locales et des entreprises pour promouvoir la réduction des consommations énergétiques en Europe.

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