La transition énergétique du Grand Paris : initiatives et innovations


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Relancé en 2007, le projet du Grand Paris a pour ambition de transformer l’agglomération parisienne en une métropole internationale, capable de rivaliser avec New-York, Londres ou Tokyo. Ce projet phare prévoit, d’ici 2030, un accroissement de la population francilienne de 1,8 million d’habitants, la construction de 70 000 logements, la création de 200 km de lignes de métro et de 72 nouvelles gares, et la création d’un million d’emplois, en particulier dans les secteurs à haute valeur ajoutée. Le développement de la Métropole du Grand Paris doit également s’inscrire dans une dynamique de transition énergétique permettant ainsi au projet d’avoir une dimension durable et responsable. À l’heure où la région importe 90 % de l’énergie qu’elle consomme, il est essentiel de pouvoir appréhender l’ampleur des besoins énergétiques que va nécessiter l’instauration de ce futur modèle urbain. C’est ainsi que les économies d’énergies et les énergies renouvelables devront être encouragées, portées notamment par la mise en place du Grand Paris Express.

Une hausse de 30% de la consommation d’électricité dans la région parisienne

Cependant, l’émergence de cette cité d’avenir va engendrer une augmentation de la consommation d’électricité de 30 % alors que dans un scénario sans Grand Paris la hausse serait de 11 %. Ce phénomène s’explique par la pénétration du véhicule électrique, les besoins du nouveau réseau de transport « Grand Paris Express » et l’accroissement du nombre de datacenters très gourmands en énergie. Ce chiffre de 30 % est à prendre en compte quand on connait la dépendance de la capitale en matière d’approvisionnement énergétique. En effet, en 2013, la région a importé environ 92 % de l’électricité qu’elle a consommée. Face aux besoins supplémentaires du Grand Paris, la production aura bien du mal à suivre. Les besoins supplémentaires sont estimés à 2 200 MW à l’horizon 2030.

Les smart grids et les énergies renouvelables pour satisfaire la demande d’énergie

L’installation de smart grids va permettre de satisfaire une partie de cette demande. Il est également essentiel que les infrastructures d’approvisionnement soient opérationnelles et qu’elles puissent honorer le surplus de demande. C’est pourquoi Réseau de transport d’électricité (RTE) est actuellement en train de construire un compensateur statique de puissance réactive (CSPR) sur le poste électrique de Nanterre. Ce réseau intelligent de 3000 m2 sera activé d’ici la fin de l’année et aura pour mission de garantir en partie la qualité de l’alimentation en électricité et de parer à d’éventuels problèmes d’approvisionnement.

Il faudra également accélérer le développement des énergies renouvelables et réaliser des économies d’énergies, en particulier dans le domaine des transports qui constitue la première dépense énergétique en France. La région francilienne cherche à renforcer sa connexion avec la Haute et la Basse Normandie où des parcs éoliens offshore construits au large vont fournir de grandes quantités d’électricité – mais pas avant la fin de la décennie. Une réorientation du réseau qui s’avère aussi nécessaire du fait de la fermeture programmée de la centrale de Fessenheim en Alsace.

D’autre champs d’action sont envisagés, tels que la géothermie, la récupération de l’énergie fatale[1] des trains et l’optimisation énergétique entre la gare et son quartier.

Baisser la consommation de gaz grâce aux efforts d’efficacité énergétique

Selon le scénario envisagé par le Grand Paris, la consommation de gaz devrait baisser de 4% à l’horizon 2030. Cette prévision de baisse s’explique par les efforts d’efficacité énergétique dans l’industrie et, de manière plus importante encore, dans le secteur résidentiel avec une réduction de près de 25% de la consommation. L’utilisation de gaz doit permettre d’accompagner la pénétration croissante des énergies renouvelables intermittentes. L’enjeu pour cette énergie est d’évoluer vers une infrastructure encore plus flexible, capable d’intégrer de nouveaux usages et d’apporter plus de souplesse et de sécurité à l’ensemble du système énergétique francilien. La consommation de gaz n’est pas la seule qui devrait diminuer. En effet, la tendance à la baisse des livraisons de fiouls domestiques (-60% entre 2000 et 2012) devrait se poursuivre.

La région Ile de France importe aujourd’hui près de 90% de l’énergie qu’elle consomme. Il est  donc indispensable d’anticiper les besoins liés au Grand Paris pour adapter l’infrastructure énergétique et apporter aux habitants de la métropole un confort optimal dans l’environnement le plus durable possible.

Pour aller plus loin :


[1] Des dissipations d’énergie se produisent lors de la production d’énergie, le rendement d’une transformation d’énergie n’est jamais égal à 100%. L’énergie piégée dans des matériaux ou perdue dans des flux incontrôlés est dite « fatale ».

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