Aux Etats-Unis, l’efficacité énergétique par la normalisation

efficacité énergétique, Etats-Unis, Plan d’Action pour l’Efficacité EnergétiqueAvec son Plan Action Climat, le président Barack Obama a posé comme objectif de doubler la productivité énergétique du pays à l’horizon 2030. Pour y parvenir, le Département de l’Energie s’intéresse notamment aux solutions de l’Institut National de Standardisation Américaine (ANSI–EESCC). Dans la Feuille de Route de la Standardisation, l’Efficacité Energétique et l’Environnement de la Construction, il expose des solutions pour améliorer la normalisation des professions de l’efficacité énergétique.

Les acteurs privés et institutionnels se mobilisent pour l’efficacité énergétique

Actuellement le Département de l’Energie américain estime que la consommation énergétique du bâtiment représente 70% des besoins de la population en électricité, soit 40% de la dépense énergétique totale du pays. Chargé de remédier à cet état de fait, il s’intéresse de très près aux travaux du bureau de l’Energy Efficiency Standardization Coordination Collaborative (EESCC). La structure rattachée à l’ANSI appuie notamment la thèse du rapport Sécuriser le Futur de l’Amérique avec l’Efficacité Energétique dans le Bâtiment, dévoilé en mai 2014. L’administration confiait à cette occasion qu’une réduction de 20% du gaspillage énergétique actuel permettrait une économie de 80 milliards de dollars par an.

Le groupe de l’ANSI s’organise avec une co-présidence partagée entre Benjamin Goldstein du Département de l’Energie, et John Tuccillo, Vice-Président de Schneider Electric. Pour la rédaction de leur contribution, ils ont mobilisé l’expertise de plusieurs associations professionnelles dont l’Association of Energy Engineers de Chris Balbach, ou le Building Performance Institute et son Directeur Technique National, John Jones. Une liste de 125 propositions classées en cinq chapitres a été réalisée de manière collaborative et rendue publique le 23 juin 2014, dans la feuille de route de la standardisation.

La philosophie des 125 propositions

Ce rapport élaboré par le forum ANSI EESCC fixe un cadre d’action national résumé en 4 objectifs principaux. Il propose notamment de faire connaître l’intérêt des normes existantes pour renforcer l’efficacité énergétique des bâtiments, avant de réfléchir aux moyens de sensibiliser les partenaires sur l’efficacité de la standardisation et accélérer son déploiement. Puis, il cible les principales marges de progression dans le panorama normatif actuel. Enfin, il contribue à l’accompagnement des agences fédérales, par exemple en priorisant leurs interventions en faveur des acteurs économiques.

Plus qu’un état des lieux, la synthèse établit des recommandations à partir des retours d’expériences et dresse un véritable audit des normes professionnelles en vigueur. La notion de « gap », comprise comme un enjeu de certification ou de normalisation, est centrale et caractérise la nécessité d’intervention selon deux modalités, « partial gap » ou « no gap » [Page 18]. En partant de l’environnement normatif, tel que défini dans la Base de Données – Inventaire de l’EESCC, les experts établissent méthodiquement un plan d’actions pour les différents domaines de la construction.

Les prochaines étapes de la normalisation

Le communiqué de presse nous précise qu’avec le premier chapitre, 46 propositions sont listées pour renforcer les normes de performance énergétique dans le bâtiment. La seconde partie élabore 9 pistes pour mieux intégrer les nouvelles technologies au sein des sub-systèmes, permettant de coordonner les fonctions des infrastructures résidentielles. Le troisième axe suggère 22 voies potentielles pour faire avancer la classification des habitations et des labels. L’avant-dernière partie énumère 32 recommandations consacrées à la standardisation de la vérification nécessaire au contrôle de la performance. Les 16 mesures restantes concernent les accréditations à accorder aux différentes professions qui interviennent sur ces opérations.

Dans la pratique ces évolutions se réaliseront en 3 temps. Des actions seront à  mettre en œuvre : dans un avenir proche (de 0 à 2 ans), à moyen terme (de 2 à 5 ans) et enfin à plus longue échéance (5 ans et au-delà).

Le directeur général de l’ANSI, S. Joe Bhatia invite d’ailleurs tous les acteurs engagés dans l’immobilier à s’emparer de cette démarche. Dans le but de relayer un maximum d’initiatives, le site de l’ANSI prévoit un formulaire de participation en ligne pour tous les entrepreneurs ou les associations confrontés à ces thématiques et qui désirent se joindre aux débats.

Pour en savoir plus :

Bookmark and Share

About admin