Manifeste Renovate Europe : halte au gaspillage énergétique dans les bâtiments

efficacité énergétique, consommation électrique, économie d'énergie

À l’occasion des élections européennes du 25 mai 2014, la Coalition France pour l’Efficacité Energétique (CFEE) a soutenu une campagne de sensibilisation autour de l’efficacité énergétique concernant le parc immobilier européen. Cette action, traduite par la publication du manifeste Renovate Europe, vise à faire reculer la demande énergétique dans le parc immobilier européen à hauteur de 80% d’ici 2050.

L’efficacité énergétique en Europe, une volonté commune mais une mise en place complexe

Cela fait plusieurs années que l’Europe s’est engagée en faveur de l’efficacité énergétique. Autant soucieuse des effets de la surconsommation sur l’environnement que de sa dépendance aux importations de gaz et de pétrole (qui représentent 50% de sa consommation actuelle et pourraient atteindre 70% en 2030), l’UE avait déjà arrêté deux plans d’action quinquennaux et un programme-cadre au cours des années 2000 en même temps qu’elle publiait différentes études sur le sujet : Livre vert sur l’efficacité énergétique, L’efficacité énergétique à l’horizon 2020, etc.

Néanmoins, ces actions se sont trop souvent limitées aux déclarations d’intention. Le paquet énergie-climat adopté en 2008 prévoyant d’accroître l’efficacité énergétique de 20% d’ici à 2020 souffre encore aujourd’hui d’un manque d’initiatives concrètes susceptibles de permettre aux Etats-membres d’atteindre cet objectif ambitieux. Ces derniers s’accordent sur des orientations stratégiques et rarement sur des obligations chiffrées et contraignantes.

Pourtant, les études ne manquent pas pour identifier les principales sources de gaspillage et évaluer les économies qui pourraient être réalisées. En matière d’efficacité énergétique européenne, on sait ainsi que le secteur du bâtiment représente 35% des consommations d’énergies finales. Ces consommations sont principalement issues de la consommation de produits pétroliers (44%) et de gaz (21%), deux leviers de la dépendance énergétique européenne, sans parler du charbon (5%) particulièrement polluant. Depuis 2007, le secteur des bâtiments est officiellement considéré comme la première cible pour la mise en place d’une politique commune en faveur de l’efficacité énergétique.

Plusieurs outils susceptibles d’accomplir cette transition vers une société plus économe en énergie sont également à disposition. La mise en place de réglementations ambitieuses ainsi que le renforcement des normes demeurent jusqu’à ce jour les instruments privilégiés. De nombreux autres procédés peuvent également être mobilisés : outre les législations spécifiques, le « net-metering » (une politique qui permet aux usagers ayant investi dans une production domestique d’énergie renouvelable – par exemple photovoltaïque – à la revendre au réseau global), la qualification de nouveaux équipements, le développement de centres d’informations à destination des consommateurs, l’obligation d’audits énergétiques, etc.

En fait, ce qui fait jusqu’ici défaut est la volonté politique, sans laquelle la Commission Européenne ne peut engager les Etats-membres, à commencer par la France : c’est dans ce contexte que s’inscrit le manifeste « Renovate Europe ».

L’efficacité énergétique : une cause qui transcende les clivages

Près d’une centaine d’eurodéputés ou candidats aux élections européennes de 20 Etats membres de l’Union Européenne se sont engagés en faveur du manifeste. De nombreux partis ont apporté leur soutien à cette initiative : à l’occasion de la conférence de presse, Sophie Auconie (UDI), Pascal Durand (EELV), Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) ou encore Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy (PS) avaient fait le déplacement.

A travers ce manifeste, ils se sont notamment engagés à :

  • exhorter le gouvernement français à mettre en œuvre une stratégie de rénovation ambitieuse,
  • demander aux Commissaires et aux services de la Commission compétents de se prononcer sur l’importance de l’adoption de mesures en faveur de la rénovation des bâtiments,
  • rappeler qu’une rénovation énergétique efficace des bâtiments nécessite de rendre cette question prioritaire d’un point de vue politique et législatif,
  • contribuer à la diffusion d’exemples de réussite de rénovations énergétiques ambitieuses,
  • établir un dialogue et fournir une assistance, en permanence, avec les autorités locales, dans le cadre de leurs efforts de rénovation du parc immobilier de l’UE.

En plus de rassembler divers partis politiques, ce manifeste fédère également des membres très divers de la société civile, à l’image de la CFEE qui regroupe plusieurs acteurs professionnels du bâtiment (GESEC, Gimélec…) mais également des associations de protection de l’environnement (FNE, CLER, RAC) ainsi que des structures de défense des usagers et consommateurs (UFC-Que-Choisir, le syndicat ARC).

Cette entente se comprend aisément au vu de la signification et du poids de la rénovation énergétique en termes d’emploi et de croissance : 70 milliards d’euros par an, autrement dit l’équivalent du déficit commercial français. Sans oublier que le bâtiment compte pour plus de 40% de la consommation énergétique finale en France.

Cette alliance est un indicateur fort quant à la nécessité de l’aboutissement d’une politique énergétique commune afin de pouvoir faire face aux enjeux énergétiques européens.

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