Smart Home, à quoi ressemblera la maison du futur ?

efficacité énergétique, Energie 3.0, smart grids, consommation électrique

Comme le rappelait le rapport de l’Institut Montaigne sur la rénovation thermique, le secteur du bâtiment, résidentiel comme tertiaire, représente le premier poste de consommation d’énergie en France. Le bâtiment intelligent du futur est donc porteur d’espoir pour un futur énergétiquement sobre. Quelles sont les caractéristiques du bâtiment intelligent ? Comment peut-il constituer une solution aux défis énergétiques futurs ?

Les objectifs du bâtiment intelligent du futur

Cinq paramètres devront structurer la mise en place d’un bâtiment intelligent : la réduction des besoins en énergie, l’optimisation de la consommation d’énergie pour chaque usage, la production et le stockage d’une partie de l’énergie générée par les bâtiments intelligents, la circulation de l’information en temps réel pour permettre une gestion optimale du réseau à l’aide de compteurs intelligents, et des consommateurs au comportement proactif pour qu’un tel système fonctionne. Le bâtiment intelligent du futur devra répondre aux critères de l’Internet de l’Energie : se relier aux smart grids (à diverses échelles), produire à partir de sources d’énergies renouvelables et intégrer des automatismes pour optimiser les consommations énergétiques.

Pour répondre à ces enjeux, d’importants investissements devront être effectués pour améliorer le réseau électrique et de nombreux bâtiments devront être rénovés ou construits en intégrant la production d’énergie.

La performance énergétique du bâtiment intelligent

Les normes du bâtiment à énergie positive (BEPOS), ont été mises en place pour que les objectifs de performance énergétique dans le bâtiment soient atteints. A l’horizon 2020, tout bâtiment neuf devra non seulement réduire sa consommation d’énergie mais également produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Ceci nécessite l’intégration d’une gestion de l’offre et de la demande en consommation d’énergie afin d’éviter les gaspillages. La production d’énergie du bâtiment intelligent pourra être orientée vers le solaire, l’énergie thermique, le petit éolien ou encore la micro-génération, amenés à être de moins en moins chers sur le marché. Le bâtiment du futur devra résoudre la question de l’intégration du véhicule électrique et de son alimentation, par des bornes de recharge intégrées et connectées au « smart-grid » par exemple.

Le compteur intelligent et l’installation de capteurs, permettront quant à eux d’informer en temps réel le gestionnaire du réseau et le consommateur. En aval des compteurs intelligents et des capteurs, les logiciels et solutions de gestion de l’énergie dans les bâtiments, permettent la gestion technique des bâtiments (GTB) dans le bâtiment tertiaire, tout comme les Power Management Systems (PMS) pour les sites industriels, qui permettent d’optimiser le chauffage, le refroidissement, la ventilation, la climatisation, l’éclairage, les stores et autres usages.

Pour le bâtiment existant, l’une des solutions visant à se rapprocher des normes du BEPOS est l’installation d’une gestion automatisée de l’énergie.

Un bâtiment pleinement intégré au réseau

Comme le décrit Rudy Provoost dans son ouvrage Energie 3.0, le système électrique de demain devra intégrer un fonctionnement hybride complexe gérant intelligemment l’efficacité énergétique de manière optimale. Le bâtiment devra se construire autour des caractéristiques d’un réseau intelligent et être pleinement intégré au réseau. Cette évolution permettrait de remplir à la fois les objectifs de réduction de consommation d’énergie, de normalisation des données autour d’un processus d’automatisation intelligent, et de répondre à l’exigence croissante d’intégration d’énergies renouvelables, qui obligeront les acteurs du secteur à passer par de petites unités de production décentralisées.

Lever les barrières techniques et réglementaires pour l’apparition du bâtiment intelligent du futur

La mise en place à grande échelle du bâtiment intelligent nécessite tout d’abord la standardisation des normes, sans laquelle il pourrait exister un risque de développement de langages propriétaires, et donc d’une non-interopérabilité des données. Le développement d’un cadre juridique qui puisse régir l’utilisation des données des usagers et garantir leur anonymat apparait également indispensable.

D’un point de vue technique, l’intégration d’antennes de production décentralisées constitue un aménagement nécessaire. Pour cela, le déploiement du « Smart Grid » ne nécessite pas de changements radicaux sur la structure du réseau, mais plutôt l’interconnexion efficace des différents éléments qui le constituent, via les technologies du numérique. Enfin, concernant les mesures incitatives, l’utilisation des Contrats de Performance Energétique déjà existants, et l’intégration d’une notion de compensation à l’égard des producteurs d’énergie en cas de mesures d’effacement pourront être envisagés.

La problématique de l’émergence du bâtiment intelligent ne réside pas tant dans un défi technologique puisque les technologies en question sont déjà disponibles, mais plutôt dans la mise en réseau d’un tissu complexe d’acteurs aux logiques parfois contradictoires, via les nouvelles technologies. Son émergence est à portée de main à condition que des ajustements au niveau réglementaire soient faits et que des démarches de pédagogie soient menées auprès des consommateurs.

Bookmark and Share

About admin