Les Smart Grids ou réseaux électriques intelligents : enjeux et avantages

L’évolution du monde énergétique et l’émergence progressive de sources décentralisées de production imposent une modernisation des réseaux énergétiques existants. Les smart grids, ou réseaux électriques intelligents, se déploient progressivement en Europe et apparaissent comme une solution adaptée, efficace et déjà disponible. A travers une série d’articles le webmag Energie 3.0 vous propose un tour d’horizon des projets innovants qui mobilisent ce nouveau système de gestion des réseaux. L’article qui suit est une introduction à cette série.

Un modèle énergétique décentralisé et communiquant qui permet d’ajuster la production à la consommation pour garantir l’équilibre et l’approvisionnement.

Jean-Marie Chevalier (Professeur de sciences économiques à l’Université Paris- Dauphine, ancien directeur du Centre de Géopolitique de l’Energie et des Matières Premières) revient sur la genèse du succès de ce dispositif : « Tout s’est accéléré en fait après le fameux discours de Barack Obama dans lequel il a prononcé le terme de « smart grids ». Il a déclenché chez les industriels du monde entier une réflexion sur l’utilisation des nouvelles technologies dans les futurs réseaux. Ces réseaux intelligents intègreront beaucoup de technologies d’automatisation, de mesure, de contrôle, de commandes systèmes… pour agir du côté de l’offre et sur la demande, pour essayer de la réduire quand elle est trop haute… Il s’agit d’intégrer des technologies tout au long de la chaîne, de la production jusqu’à l’interrupteur chez le consommateur » (source).

Les réseaux intelligents ou smart grids sont des réseaux d’électricité auxquels sont intégrées des technologies informatiques. En ce sens, ils constituent un exemple concret de la convergence du monde de l’énergie et du numérique décrite par Rudy Provoost dans son ouvrage Energie 3.0. Ces technologies permettent de mettre en place un véritable système communiquant, autorisant ainsi une récolte d’informations en temps réel sur l’état de ce dernier, sur les flux qui le parcourent et sur la quantité d’énergie disponible à chaque instant dans l’ensemble de ce système. Concrètement le fonctionnement des smart grids repose donc sur un contrôle instantané des flux, mais aussi sur une interopérabilité des réseaux (palliant les défaillances des uns et des autres), ainsi que sur une intégration des énergies renouvelables et sur une gestion responsable des consommations individuelles.

En fin de parcours, les smart grids visent ainsi à assurer l’équilibre des flux d’énergie entre fournisseurs et consommateurs à travers l’adéquation entre production, distribution et consommation. Ils permettent une amélioration de la sécurité d’approvisionnement des réseaux électriques et l’efficacité énergétique globale (en minimisant les pertes et les surconsommations), tout en limitant l’impact environnemental de la production d’électricité.

Moderniser les réseaux existants pour favoriser le développement des smart grids

La mise en place des smart grids requiert une adaptation des réseaux de distribution, du marché, et des mécanismes de financements. Pour faciliter l’émergence de ces réseaux intelligents, les Etats européens mettent progressivement en place des cadres réglementaires.

La France ne dispose pas aujourd’hui d’un cadre légal propre au secteur des smart grids, même si la loi NOME (Loi N° 2010-1488 du 7 décembre 2010 portant nouvelle organisation du marché de l’électricité) décline un certain nombre de dispositions. Dans le cadre de cette loi, la France a introduit plusieurs dispositifs favorisant le développement des smart grids, tels que :

• L’obligation pour les fournisseurs de disposer de capacités d’effacement en particulier lors des périodes de pointe ;

• La possibilité de fixer les tarifs réglementés de vente d’électricité de manière à inciter les consommateurs à réduire leur consommation lors des pointes ;

• L’accès gratuit des consommateurs aux données et relevés de consommation.

Un travail de normalisation est également en cours à l’échelle européenne, l’enjeu étant de permettre l’interopérabilité des technologies et des applications à l’intérieur d’un marché européen harmonisé de l’énergie. Le paquet « énergie-climat » signé en décembre 2008, prévoit ainsi la généralisation des compteurs communicants pour 2020 (sous condition que ces derniers aient un coût accessible). La directive 2006/32/CE du parlement européen et du Conseil du 5 avril 2006 relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales et aux services énergétiques reconnaît le potentiel d’économie d’énergie lié à une connaissance effective des niveaux de consommation, et ce, grâce aux compteurs communicants.

Malgré ces dispositions, plusieurs acteurs du secteur s’accordent à dire que les conditions règlementaires nécessaires au développement des smart grids restent à créer. Ils soulignent notamment les déséquilibres de répartition des bénéfices des smart grids entre les différents acteurs de la filière et appellent à une réelle régulation qui serait incitative.

Quoi qu’il en soit, de nombreux projets qui illustrent les avantages de cette technologie ont déjà vu le jour. Les acteurs de la filière espèrent en faire des démonstrateurs de cette technologie de pointe.

Le tour du monde des Smart Grids par le webmag Energie 3.0 :

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