La KfW en Allemagne : Un exemple performant de financement de projets de rénovation et d’efficacité énergétique

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La KfW (Kreditanstalt für Wiederaufbau, ou « Établissement de crédit pour la reconstruction »), créée à l’origine pour financer la reconstruction de l’Allemagne en coordonnant notamment les aides du plan Marshall à partir de 1948, constitue la pierre angulaire du système d’aides à la rénovation énergétique en Allemagne. Dotée d’importantes capacités de financement, elle participe de façon significative au processus de transition énergétique et écologique outre-Rhin.

La KfW constitue une force considérable dans le paysage allemand de l’aide au financement de projets. Profitant de la garantie de l’Etat fédéral et de la meilleure notation sur les marchés financiers (« AAA »), elle dispose en effet d’une capacité de refinancement d’un volume annuel de 80 milliards d’euros d’obligations (réparties en 2011 en 250 titres émis dans 11 devises différentes). À ces fonds générés via les marchés financiers sont également associés des financements de l’Etat fédéral et des Länder allemands, ainsi qu’1,5 milliard d’euros annuel du fonds énergie-climat (provenant de la vente de certificats d’émission de CO2 dans le cadre de l’EU ETS, le Système communautaire d’échange de quotas d’émission de l’Union Européenne). Ces capacités de financement permettent à la banque de subventionner un volume important de projets, qui plus est à taux d’intérêt très réduit (ne dépassant pas 1%).

Une attribution de prêts conditionnée

Les prêts accordés au financement de projets de rénovation énergétique des bâtiments par la KfW s’adressent à toutes les catégories d’acteurs, des particuliers aux collectivités en passant par les entreprises. La banque  ne possède cependant pas d’agences en propre et procède par financement indirect : elle diffuse ses différents produits via les réseaux des banques commerciales, publiques ou privées. Ce sont ces dernières qui évaluent elles-mêmes la qualité des projets ainsi que l’opportunité de demander un co-financement à la KfW. Celui-ci est en effet conditionné à une expertise ex ante du projet de rénovation qui doit permettre de qualifier les résultats attendus des travaux effectués, résultats évalués en termes de performance par rapport à un bâtiment neuf équivalent : concrètement, pour être éligible, le projet « doit permettre d’atteindre un standard équivalent à 115% des besoins énergétiques d’un bâtiment neuf (KfW 115) ».

Un système de financement performant pour des bâtiments à énergie positive

Sur l’année 2011, le volume total de financements accordés par la KfW correspond à 70,4 milliards d’euros, dont 22,4 pour les moyennes entreprises. Un tiers environ de ces financements est destiné à des projets de mise aux normes environnementales ou de transition écologique. Chaque année, ce sont ainsi entre 60 000 et 150 000 projets de performance énergétique qui sont financés par ce biais. Outre les bénéfices en termes de réduction de consommation énergétique et de protection de l’environnement permis par ces différentes réalisations, le système de financement par la KfW constitue une véritable ressource financière pour les comptes publics allemands. À travers un important effet de levier, l’Etat allemand récupère en effet pour chaque euro d’aide publique accordé entre deux et quatre euros grâce aux charges prélevées sur l’activité économique qui en découle.

Un exemple à suivre ?

La KfW est un exemple concret de programme performant, en termes de protection de l’environnement et de réduction de consommation d’énergie. De plus, ses bénéfices économiques qui profitent à tous les acteurs impliqués, y compris l’Etat, garantissent sa viabilité à moyen et long terme. De fait, d’autres systèmes de financement de projets de rénovation énergétique en Europe et dans le monde gagneraient certainement à s’en inspirer plus largement.

En illustrant de façon évidente les opportunités qu’offre un programme ambitieux d’aide au financement de projets d’efficacité énergétique, la Kfw constitue à elle seule un argument suffisant pour démontrer qu’au-delà de ses bénéfices pour l’environnement, la transition énergétique constitue une réelle opportunité économique, tant en termes de croissance que d’emplois.

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