Les imprimantes 3D : donner le pouvoir au consommateur final

Procédé déjà adopté par l’industrie, l’impression tridimensionnelle s’invite aujourd’hui chez les particuliers. Avec l’arrivée progressive sur le marché d’imprimantes plus petites et moins chères, comparables à la révolution du Personal Computer dans les années 1970, il devient de plus en plus aisé de contourner les chaînes de production classiques afin de réaliser soi-même les objets dont on a besoin.

Une invention révolutionnaire ?

Les changements que l’impression 3D – ou Additive Layer Manufacturing (ALM) –  pourrait apporter dans les usages quotidiens et le système productif de nos sociétés sont considérables et pour beaucoup, encore insoupçonnés. Pourtant, les technologies utilisées dans ce procédé de fabrication additive ne datent pas d’hier : le brevet pour stéréo-lithographie – (diffusion d’une lumière UV qui solidifie une couche de plastique liquide) par exemple, fut déposé en 1986 par 3D Systems, Inc.

Qu’est-ce que l’impression 3D ?
Le principe de base n’est guère différent de celui de l’impression sur papier actuelle : il s’agit pour une « imprimante » de reconstituer des objets couche après couche à l’aide de matériaux polymères, tout comme une imprimante reconstitue un texte ou une image ligne après ligne à l’aide d’encre. De la même façon également, l’impression est déclenchée et contrôlée depuis un ordinateur, sur lequel l’objet à imprimer est conçu et modélisé : c’est la phase de la Conception Assistée par Ordinateur (CAO).

Dans la phase d’impression, trois technologies coexistent : le modelage par dépôt de matière en fusion (FDM), la stéréo-lithographie (SLA), et enfin le frittage sélectif par laser (SLS) – c’est-à-dire la suppression des imperfections et des éléments superflus.

Un marché dynamique pour des utilisations très variées

Les brevets de ce dernier procédé passeront dans le domaine public en 2014, ce qui devrait considérablement dynamiser le marché, qui pèsera alors près de 669 millions de dollars (dont 536 millions pour les entreprises et 133 millions pour les particuliers), selon l’analyse de l’Institut Gartner. Le succès de l’impression 3D est tel que les organisateurs du Consumer Electronic Show qui aura lieu à Las Vegas en janvier 2014 ont décidé d’en faire la vedette de leur salon.

Energie 3.0, Imprimantes 3D

D’après les chiffres de Wholers Associates, le marché mondial représentait en 2012 environ 2,2 milliards de dollars et se verrait potentiellement multiplié par 5 d’ici à 2021

La NASA a prévu d’envoyer une imprimante 3D dans l’espace d’ici juin 2014 pour aider les astronautes de la station spatiale internationale à créer et à fabriquer du matériel en apesanteur. Que ce soit dans l’aéronautique, l’aérospatial, ou encore la médecine moderne, l’impression 3D ouvre de vastes perspectives qui pourraient bouleverser une partie de notre quotidien.

Dans un article récent de La Tribune, la journaliste Delphine Cuny s’interroge : « verra-t-on […] fleurir une usine dans chaque maison et le consommateur prendre le pouvoir ? ». Dans Energie 3.0, le président du directoire du groupe Rexel, Rudy Provoost, prédit une décentralisation de la production manufacturée grâce aux imprimantes 3D.

Des limites à une utilisation tous-azimuts par les particuliers

Selon Duncan Stewart, expert des prévisions technologiques du cabinet Deloitte, cela n’est pas encore à l’ordre du jour : « Un particulier peut très bien imprimer ses assiettes de table à la maison, mais ça lui coûtera 10 à 30 fois plus cher que de les acheter au supermarché du coin […] On peut imprimer en 3D des sabots de plage en résine de plastique [type Crocs] mais pas une paire de chaussures de sport de performance, composée de 50 à 60 matières différentes. Même dans trois ans, ce ne sera pas possible. […] L’usine dans chaque foyer, on n’y est pas encore ! ».

L’impression 3D pose également certaines questions auprès des spécialistes en sécurité et des hommes politiques notamment. Production d’objets à la détention régulée (armes…), production d’objets non-conformes à des critères de sécurité, détournement du droit de propriété… les sources d’inquiétude ne manquent pas.  Ainsi, en France, le député  UMP, François Cornut-Gentille, soucieux de prévenir des dérives dans l’utilisation de cette technologie, a interrogé le ministère du redressement productif « sur les moyens d’action contre les risques de reproduction illégale liés à la diffusion à venir d’imprimantes 3D sur le marché français ». Le débat reste donc ouvert avant la diffusion massive de ces techniques.

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