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Le point sur le développement des énergies renouvelables en France

Posté par admin le 05/04/2013 à 16:06 Dans Agenda,Energies renouvelables,Généralités | Pas de commentaire

La France s’intéresse aux sources renouvelables comme alternative aux énergies fossiles depuis la décennie 1970 et les premiers chocs pétroliers. En 1978 est créé le Comes, Commissariat à l’énergie solaire, qui soutient le développement de programmes ambitieux. C’est de cette époque que date le développement de la centrale solaire de Thémis (Pyrénées-Orientales) ainsi que l’entreprise Photowatt, l’une des pionnières dans la fabrication de cellules photovoltaïques. Cependant la baisse des prix du pétrole dans les années 1980 et le développement des centrales nucléaires de deuxième génération ont par la suite freiné le développement de la filière EnR.

En 2001, la France s’engageait avec la Directive 2001/77/CE à atteindre l’objectif de 21% d’électricité produite issue de sources renouvelables pour 2010. Or, en 2012, cette part s’élevait à 16.4% d’après le bilan électrique de RTE, soit une quasi-stagnation par rapport à 1997 (année de référence de la Directive européenne de 2001) où la part était déjà de 15%.

Le Grenelle de l’environnement comme moteur du développement des EnR

C’est le Grenelle de l’environnement qui, en 2007, fut le véritable point de lancement d’une politique ambitieuse de soutien au développement des énergies renouvelables par les pouvoirs publics. En parallèle du « paquet énergie-climat » européen qui fixe l’objectif du « triple 20 » pour 2020 (20% d’énergies renouvelables, 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et 20% de réduction de la consommation énergétique), le gouvernement français a lancé le plan de développement des énergies renouvelables à haute qualité environnementale du 17 novembre 2008. Le principal objectif est d’arriver à une part de 23% d’EnR dans la consommation globale du pays, soit respectivement 27% pour la consommation d’électricité, 32% pour le chauffage et 10% pour les transports (ce qui représente un total de 36 Mtep consommées issues des EnR).

Des objectifs (trop ?) ambitieux pour 2020

En accord avec les objectifs du Grenelle, la puissance installée en énergies renouvelables devra atteindre quelque 35 gigawatts (35 millions de kilowatts) à l’horizon 2020. Selon Franck Chevet, directeur de la DGEC (Direction générale de l’énergie et du climat), ces objectifs exigent un engagement économique français très important. « On va demander au pays, sur dix ans, un effort industriel comparable à celui qui a été accompli dans les années 1970-1980 pour construire le parc nucléaire ».

Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER) s’inquiète également de la non-tenue des objectifs (Livre blanc des énergies renouvelables, 2012) : 7 Mtep économisées devraient manquer aux 36 annoncées. Jean-Louis Bal, président du SER, souligne néanmoins les avancées du Grenelle, qui ont permis de faire passer le rythme d’installation de 200 MW par an à 1100 MW. Les délais imposés nécessiteraient néanmoins un rythme de 1500 MW de nouvelles capacités chaque année. Et le président du SER de mettre en cause, parmi d’autres raisons, la complexité de la juridiction française sur l’éolien : « le cadre réglementaire de l’éolien en France est un des plus compliqués d’Europe. Entre la première identification du site et le moment où l’éolienne tourne, il faut 8 ans, contre 4 ans en moyenne en Europe. »

Les C2E[1], un  programme d’efficacité énergétique complétant la politique de développement des EnR

Le « triple 20 » européen impose, en parallèle des 20% d’énergies issues des renouvelables, des gains de 20% d’efficacité énergétique par rapport aux niveaux de 1990. Dans ce domaine, la France mène depuis 2005 une politique visant à inciter les producteurs à effectuer des économies d’énergie. Ce dispositif est lancé en 2005 par l’article 14 de la loi POPE (« loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique ») qui créé le dispositif des « certificats d’économies d’énergie » (C2E) et soumet à « obligation d’économies d’énergie » les fournisseurs électriques. Concrètement, ces C2E visent 2500 « obligés », c’est-à-dire des fournisseurs d’électricité (EDF, GDF..) et de carburant (Total, Esso, Shell..), à effectuer des économies d’énergie et à en fournir les preuves à l’Etat à travers des justificatifs de travaux effectués. Les « obligés » peuvent également inciter leurs clients à effectuer des travaux de rénovation pour réduire la facture et obtenir ainsi un C2E, c’est-à-dire une compensation financière, à raison de 3€ par MW cumac[2] économisé.

Lancée en 2005, la première période (2006-2009) fixait un objectif de 54 TWh cumac[3] économisés. Fort du succès du dispositif, la deuxième période (2011-2013) fixe un objectif beaucoup plus ambitieux de 345 TWh cumac[4]. La Ministre de l’Ecologie Delphine Batho souhaite poursuivre dans cette voie, ayant affirmé en février 2013 que la troisième période, commençant le 1er janvier 2014, aura un objectif de 690 TWh cumac[5].

Malgré les récents ralentissements des engagements énergétiques pour cause de contrainte budgétaire, la France a donc opté pour une politique volontariste de réduction des consommations et des rejets de gaz à effet de serre. Malgré un relatif accord des experts sur le fait que les objectifs fixés pour 2020 seront difficiles à atteindre, la France, en une décennie, a largement entamé sa transition vers un mix énergétique plus diversifié.

Pour en savoir plus


[1] Certificats d’Economie d’Energie

[2] Les C2E prennent en compte les MW « cumac », contraction de « cumulés » et « actualisés », à savoir la consommation électrique d’un appareil donné en fonction de sa durée de vie.

[3] Ibid

[4] Ibid

[5] Ibid


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Lien de l'article: http://www.efficacite-electrique.fr/2013/04/point-developpement-des-energies-renouvelables-france/

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