Débat sur la transition énergétique : les solutions concrètes de la filière éco-électrique

Alors que le débat sur la transition énergétique lancé en novembre 2012 par le gouvernement est en cours, la filière éco-électrique* a publié le 14 janvier 2013 son merit order qui propose de nouvelles pistes.

L’année 2011 a établi un nouveau record de la facture énergétique française, qui atteint plus de 61 milliards d’euros, soit une somme supérieure aux records du second choc pétrolier de 1979. Face à ce constat la filière éco-électrique a mené une étude approfondie des consommations et des potentiels d’économie d’énergie et de réduction des émissions de CO2 dans le bâtiment. En effet, résidentiel comme tertiaire, le bâtiment est en France le secteur le plus énergivore après le transport. Dans la ligne des rapports Percebois et Gallois, recommandant des politiques publiques axées sur l’efficacité énergétique, cette étude compare les différentes solutions pour maîtriser nos consommations («l’énergie la  plus verte et la moins chère est celle qui n’est pas consommée »).

L’efficacité énergétique active mise sur des consommations intelligentes et raisonnées pour limiter la facture énergétique

Comme le confirme son appellation de « filière », l’efficacité énergétique n’est pas un concept monolithique mais englobe trois approches pouvant se combiner :

  • L’efficacité énergétique dite « thermique », ou passive, vise à rénover l’enveloppe du bâtiment et son isolation pour éliminer le phénomène de « passoire thermique ».
  • L’efficacité énergétique dite « performante », est axée sur l’amélioration du rendement énergétique des équipements techniques (chauffage, éclairage, électroménager etc.).
  • L’efficacité énergétique dite « active » est centrée sur le pilotage automatisé de l’ensemble des matériels électriques d’un bâtiment pour optimiser leurs consommations et limiter le gaspillage électrique.

Transition énergétique, efficacité énergétique, consommation d’énergie, filière éco-électrique.

Les solutions d’efficacité énergétique active font appel à toutes les technologies actuelles, notamment numériques. Elles nécessitent, dans un premier temps, de mener un audit de performance énergétique d’un bâtiment en installant des outils de mesure et de comptage de sa consommation. Une fois le diagnostic effectué, il est possible d’installer des outils de pilotage adaptés pour optimiser la consommation électrique.

Cette méthode s’applique en particulier à cinq domaines essentiels dans l’utilisation d’un bâtiment, dont la consommation quotidienne dépend grandement de la gestion intelligente de ses équipements : le chauffage, l’eau chaude sanitaire (ECS), l’éclairage, la ventilation et la climatisation.

L’installation d’équipements intelligents permet de flexibiliser et donc de réduire la consommation électrique d’un bâtiment. Automatiser l’éclairage selon la présence ou non d’une personne dans une pièce, produire de l’ECS uniquement pendant les heures d’occupation des locaux ou encore piloter le chauffage selon un zonage précis sont autant de possibilité d’économies, réalisables aisément, sans affecter nos modes de vie.

Les bâtiments du secteur tertiaire : cible prioritaire pour les investissements d’efficacité énergétique active

Selon l’étude de la filière, un pilotage intelligent des équipements électriques selon un zonage précis permettrait notamment des économies d’énergie de l’ordre de 55-60% dans les bâtiments d’enseignement ou de bureaux. Ces structures présentent l’avantage d’offrir une activité facile à segmenter pour maitriser les consommations : segmentation des espaces (zones de stockage, d’accueil, de travail…) et segmentation temporelle (nuit, vacances, jours fériés..). A l’opposé, dans le résidentiel privé, les investissements de départ sont amortis sur une durée plus aléatoire, offrant néanmoins des économies d’énergie de 12 à 28%.

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Une filière d’avenir pour l’économie française

Le déploiement à l’échelle nationale de solutions d’efficacité énergétique active représente un vaste potentiel d’économies. Ces transformations permettraient d’économiser en moyenne 17 milliards d’euros par an, chiffre à comparer avec les 61 milliards de la facture énergétique française de 2011 (le temps de retour sur investissement au niveau national, pour les parcs résidentiels et tertiaires, est de 7 ans). Enfin, un effort important vers le déploiement de ces solutions permettrait la création de 56 000 emplois par an au sein de la filière éco-électrique française, qui sont autant d’emplois qualifiés, non-délocalisables et participant au développement du tissu économique des TPE, PME et ETI.

En savoir plus :

* La filière éco-électrique regroupe cinq fédérations et syndicats qui constituent un bloc de compétences allant de la recherche appliquée jusqu’à l’intégration, l’installation l’exploitation et la maintenance de solutions chez le consommateur final, en passant par la fabrication industrielle et la distribution spécialisée.

  • La FFIE : Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique
  • La FGME : Fédération des grossistes en matériel électrique, dont Rexel est membre
  • Le Gimélec: rassemble des entreprises qui fournissent des solutions électriques et d’automatisme sur les marchés de l’énergie
  • L’IGNES : Industries du génie numérique, énergétique et sécuritaire
  • Le SERCE : Syndicat des entreprises de génie climatique et électrique
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