L’économie circulaire réconcilie la production de déchets et l’efficacité énergétique

Les déchets générés par notre mode de vie ne sont plus aujourd’hui seulement une matière à retraiter mais une ressource exploitée de manière croissante. Ce qui constituait encore il y a peu un casse-tête pour de nombreuses collectivités locales pourrait bien se transformer en variable d’ajustement de la politique énergétique. Que permettent les différents procédés de valorisation des déchets ? Quels sont les différents potentiels de la filière en matière d’efficacité énergétique ?

L’économie circulaire : parangon du développement durable

C’est pour répondre à la raréfaction des ressources naturelles qu’une véritable industrie cherchant à valoriser nos déchets a vu le jour, illustrant la maxime du chimiste et philosophe français A. Lavoisier « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Cette économie circulaire repose sur le principe du recyclage : chaque produit une fois consommé, obsolète ou inopérant doit pouvoir prétendre avoir une seconde utilisation. Le bio mimétisme inspire ce mode gestion, visant non seulement à baisser les coûts de production mais aussi à réduire notre consommation de matières premières.

La valorisation énergétique des déchets

La matière organique récoltée est triée entre les déchets verts, les bio déchets aussi appelés FFOM (fraction fermentescible des ordures ménagères), et les déchets organiques issus des productions végétales. La FFOM va pouvoir être réutilisée vers deux finalités distinctes : la production de compost et la production d’énergie grâce à son pouvoir calorifique.

Deux méthodes sont possibles pour cette seconde production : la méthanisation ou l’incinération. Dans le premier cas, il s’agit de transformer la FFOM en biogaz afin que ce dernier produise soit de l’électricité, soit de la chaleur, soit des carburants. Dans le second, la FFOM est directement brûlée sans passer par la « chaîne de méthanisation ». De l’eau chauffée à plus de 300°C peut alors alimenter un turboalternateur et produire de l’électricité, ou directement rejoindre des réseaux de chaleur des bâtiments environnants.

Si la valorisation par méthanisation présente un « bilan environnemental mitigé par rapport aux énergies fossiles » selon l’ADEME, l’incinération engendre pour sa part des rejets de mâchefers* qui ne sont valorisables qu’à 90% et restent très toxiques (MIOM : Mâchefers d’Incinération d’Ordures Ménagères).

efficacite energetique, electrecite, dechet

Par ailleurs, certaines unités de valorisation ont opté pour la cogénération, c’est-à-dire la production simultanée de chaleur et d’électricité. Dans ce dispositif, la vapeur d’eau portée à très haute pression  (46 bars) passe d’abord par un turboalternateur avant d’être ensuite distribuée dans un réseau de chaleur.

Si ce type d’installation est cependant particulièrement coûteux, l’étude de l’ADEME démontre son efficacité en termes de consommation d’énergie non renouvelable, obtenant un rendement global supérieur du fait de « la production combinée de chaleur et d’électricité ». On note cependant que son impact environnemental est moins favorable en matière d’eutrophisation de l’air. Ces installations complexes bénéficient de dispositifs incitatifs à l’image de la loi n°2000-108 relative à la modernisation et au développement du service public de l’électricité, qui promeut « des installations qui utilisent des énergies renouvelables ou qui mettent en œuvre des techniques performantes en termes d’efficacité énergétique, telles que la cogénération ».

Une technique néanmoins encore marginale et perfectible

Aujourd’hui la valorisation énergétique des déchets consomme 31% des déchets collectés, et représente environ 6% des énergies renouvelables produites (qui représentent elles-mêmes 15% du mix énergétique français). Si le potentiel de matière réutilisable pour la filière énergétique demeure donc important, le coût des installations constitue le principal frein au développement de la filière. Par ailleurs, ces procédés créent autant de défis environnementaux qu’ils n’en résolvent, ce qu’illustre la question du traitement des MIOM.

Mix énergétique et production d’énergie renouvelable en France en 2010 (en énergie primaire) :

efficacite energetique, electrecite, dechet

Destination des DMA (déchets ménagers et assimilés)  collectés par type de traitement (hors déblais et gravats) :

efficacite energetique, electrecite, dechet

Source : Ademe 2011, La collecte des déchets par le service public en France

*Mâchefers : déchets provenant de la combustion de matière produisant des cendres
Eutrophisation : dégradation de la qualité de l’eau ou de l’air par un apport naturel ou artificiel d’éléments nutritifs (source : Larousse).

En savoir plus :

  • Analyse du Cycle de Vie des modes de valorisation énergétique du biogaz issu de méthanisation de la Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères collectée sélectivement en France ; présentation de l’ADEME
  • La Valorisation énergétique des déchets, vedura.fr
Bookmark and Share

About admin