La production d’énergie solaire se développe au Maghreb

Energie solaire, energies renouvelables, transition énergétique, photovoltaïque, solaire «  A quoi sert la lumière du soleil si on a les yeux fermés ? » interroge un proverbe arabe.  Si la région du Maghreb est globalement pourvue en énergies fossiles, les gouvernements ont affiché ces cinq dernières années une volonté marquée de transition énergétique, qui se concrétise notamment dans d’importants projets d’infrastructures solaires.

L’énergie solaire pèsera favorablement dans la balance commerciale

Les pays du Maghreb ont fixé des objectifs ambitieux pour la production d’énergie solaire. Pour 2020, le Maroc table sur 2 GigaWatts, la Tunisie espère atteindre 1,76 GW avant 2030 tandis que l’Algérie vise pas moins de 12 GW.

Le Maroc est à ce stade le pays plus avancé dans son agenda grâce au programme solaire marocain initié dès 2010 par les ministres de l’écologie français et marocains de l’époque, respectivement Jean-Louis Borloo et Amina Ben Khadra. L’Algérie peut se targuer d’avoir inauguré à Hassi R’Mel la première centrale hybride au monde, mêlant exploitation du gaz et énergie solaire pour produire de l’électricité. De son côté, la Tunisie vient d’annoncer le lancement de sa première station de production d’électricité photovoltaïque à concentration, pour le pompage d’eau en zone aride. Les responsables du projet soulignent que cette technologie devrait permettre de réduire sensiblement la facture d’électricité des agriculteurs de la région.

A terme, l’enjeu est de maîtriser les coûts de cette technologie afin de pouvoir exporter l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables vers l’Europe. Un rapport publié par Ernst&Young en 2012 rend cette hypothèse plausible en plaçant notamment le Maroc à la 9e place des pays les plus attractifs pour les investissements dans le solaire. L’électricité ainsi produite transiterait entre le Maroc et l’Espagne via deux câbles très haute tension de 400 kV.

Vers une coopération régionale renforcée ?

Les liens de coopération régionale dans la production d’électricité sont portés depuis 1974 par le COMELEC (Comité Maghrébin de l’Electricité). L’organisme regroupe les grands acteurs du secteur avec notamment SONELGAZ (Algérie), ONE (Maroc) et STEG (Tunisie).

Le COMELEC s’est réuni le 13 novembre 2012 dans le cadre de sa cinquième conférence générale. L’occasion de rappeler la nécessité de mettre en commun les ressources humaines présentes dans la région et de réaffirmer le besoin de renforcer les échanges électriques entres les différents réseaux nationaux. Le ministre tunisien de l’industrie a également intégré la problématique des énergies renouvelables dans son discours, déclarant que « Les pays du Maghreb sont appelés à unifier leurs stratégies et à coordonner leurs efforts afin de mettre à la disposition de la population de la région des solutions énergétiques efficaces et propres »

Si les organisations régionales poussent dans le sens d’une coopération en matière de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, la société civile est également active sur la question. Alors que les gouvernements de la région étudiaient la possibilité de se tourner vers l’exploitation des gaz de schistes, des manifestations ont récemment eu lieu en Algérie et en Tunisie pour marquer l’opposition de certaines associations à l’exploitation d’un nouvel hydrocarbure.

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