Quels modèles d’efficacité énergétique pour la France et l’Allemagne ?

efficacité énergétique, Allemagne, nucléaire, modèles énergétiques, ODEX, mix énergétiqueA l’occasion d’une collaboration entre l’Institut Montaigne et la fondation Genshagen, l’institut de sondage Harris Interactive s’est penché sur l’appréciation des  politiques énergétiques de l’opinion franco-allemande. Cette étude a été menée auprès de deux échantillons de population du 22 septembre au 4 octobre 2012. Les résultats de cette enquête peuvent être mis en parallèle avec une étude de l’Iddri de fin 2011, mesurant les politiques d’efficacité énergétique des deux pays. Il apparait au final que les modèles diffèrent peu, de même que l’opinion des populations sur le sujet.

Le facteur consommation : axe stratégique majeur au niveau national

L’efficacité énergétique semble aujourd’hui une ligne conductrice des deux puissances industrielles, tant pour des raisons environnementales que de compétitivité. En effet, leur « Odyssee Energy Efficiency Index » observe deux trajectoires qui suivent la même tendance de réduction globale des consommations (ODEX, programme de mesure développé par l’ADEME et soutenu par la Commission européenne, qui mesure la réduction de la consommation énergétique dans un secteur).

Néanmoins une analyse plus fine permet de nuancer ce constat. L’industrie est indéniablement le domaine sur lequel les Allemands ont le plus progressé, enregistrant  une baisse de cet indice de 24% (-17% pour la France) entre 1991 et 2008. Inversement dans le résidentiel c’est l’ODEX français qui diminue le plus, avec -25% contre -21% en Allemagne. En matière de transports, l’Allemagne semble nettement en pointe, avec une diminution de 20%, contre 13% pour la France. Ces tendances à la limitation des consommations s’expliquent aussi par les préoccupations des citoyens, principalement au sujet du facteur prix des énergies.

Le facteur prix : première clef d’analyse des citoyens

Si les modèles énergétiques diffèrent nettement (cf. notre article sur le mix énergétique européen), le coût de l’énergie reste l’indicateur privilégié à l’aune duquel les politiques sont évaluées par les ressortissants des deux pays. Les Français seraient plus nombreux à conditionner la transition énergétique à la maîtrise des prix de l’énergie, alors que les Allemands seraient, pour leur part, plus enclins à voir diminuer leur pouvoir d’achat au nom du respect des critères environnementaux (environ 30% d’entre eux).

Par ailleurs, si les Allemands approuvent l’abandon du nucléaire, les Français considèrent que le gouvernement a eu raison de poursuivre son programme en la matière. A noter que ces derniers sont paradoxalement plus de 50% à soutenir la décision allemande de poursuivre le programme de sortie du nucléaire.  Malgré les spécificités nationales qui subsistent, l’Allemagne et la France ont depuis longtemps pris des orientations qui devraient à terme se conclure par une complémentarité de leurs politiques énergétiques. A ce titre, la tribune publiée récemment par la ministre de l’écologie et le ministre des affaires étrangères français semble aller dans ce sens (Delphine Batho, Laurent Fabius : « Il faut bâtir une Europe de l’énergie », Les Echos, 16/11/12)

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