Le Brésil à l’heure de l’efficacité énergétique

efficacité énergétique, économies d’énergies, consommation électrique, gaz à effet de serre, investissements privés

Le Brésil va accueillir la Coupe du monde de football en 2014 puis les J0 en 2016, deux évènements qui placeront la sixième puissance économique mondiale sous les projecteurs. En pleine expansion économique, le Brésil va devoir faire face à d’importants besoins énergétiques dans les prochaines décennies. La consommation électrique a notamment augmenté de 8% entre 2010 et 2011 et le gouvernement s’attend à une hausse de 5% par an en moyenne d’ici 2020. Si le Brésil peut s’enorgueillir d’être le pays produisant le plus d’électricité grâce aux ENR, avec 45% de son énergie consommée issue de sources éolienne, solaire, hydroélectrique et de biomasse, l’efficacité énergétique de ses infrastructures reste largement sous-développée.

Un mix énergétique original

Contrairement aux autres « BRICS » (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), le pays n’utilise presque pas l’atome, le nucléaire ne représentant que 3% de la production électrique totale. En 2009, 84% de l’électricité brésilienne consommée provenait de centrales hydroélectriques, un pourcentage unique dans les pays émergents comme dans les pays industriels.

Le Brésil compte en 2012 1025 centrales hydroélectriques en activité (d’après l’Agence nationale de l’énergie électrique brésilienne). Ce nombre est appelé à augmenter puisque le Plan énergie décennal de 2007 prévoit la construction de 71 nouvelles centrales d’ici 2017 pour atteindre un potentiel de production totale de 390 TWh. Les barrages fonctionnent depuis la fin du XIXe siècle mais c’est à partir des années 1960 que l’Etat a massivement investi dans ce moyen de production. La centrale d’Itaipu produit 14 000 MW, soit à elle seule 20% de la consommation brésilienne totale. Le vent semble également une source d’avenir pour le Brésil puisque le pays aurait, avec 300 000 MW, le plus grand potentiel de production d’énergie éolienne.

efficacité énergétique, économies d’énergies, consommation électrique, gaz à effet de serre, investissements privés

La principale faiblesse de la chaîne énergétique actuelle réside dans le réseau électrique encore relativement fragile, le pays ayant connu 48 « blackouts » en 2008 et 91 en 2010.

Des programmes d’efficacité énergétique récents mais ambitieux

Le gouvernement fédéral a développé depuis 1980 une série de programmes, notamment pour les équipements électroménagers, visant à établir des normes de consommation électrique. Ainsi le label « PBE », créé en 1984, classe les appareils domestiques en fonction de leur consommation. Cette politique a évolué vers une démarche de limitation de la consommation des produits à travers la loi fédérale #10 295 sur l’efficacité énergétique, qui interdit la mise en vente de matériels ayant une consommation supérieure aux quotas fixés par le Ministère des mines et de l’énergie. La mise en place de cette loi aurait permis l’économie de 22 milliards de KWh depuis 2008.

En 2008, le président L.I Lula a signé un Plan National sur le Changement Climatique (PNMC – Plano Nacional sobre Mudança do Clima). S’il se focalise sur la réduction de la déforestation amazonienne, il incorpore également des engagements importants en matière d’efficacité énergétique. Le programme vise à économiser 109 TWh d’électricité consommée d’ici 2030, à travers notamment un programme de sensibilisation du public et des entreprises, soit une réduction de 1,06 milliards de tonnes de gaz à effet de serre.

Parallèlement, le Ministère des mines et de l’énergie prévoit près de 3 milliards de dollars d’investissements privés dans des mesures d’efficacité énergétique d’ici 2020, à l’aide de prêts bancaires facilités par l’Etat, dont le remboursement devrait être assuré par les économies d’énergies qui en découleront (à l’image du Green Deal britannique).

En savoir plus :

Bookmark and Share

About admin