Le Green Deal britannique veut stimuler l’investissement dans l’efficacité énergétique des bâtiments

émission, législation, consommation énergétique, amortissement, investissementLe quart des émissions en gaz à effet de serre au Royaume-Uni est généré par le chauffage privé.  Parmi ces émissions, 75% de l’énergie consommée dans les foyers sert à alimenter le chauffage des pièces et de l’eau, via les chaudières domestiques. Selon le Department of Energy & Climate Change (DECC), le Ministère britannique de l’énergie, cela représenterait 13% des émissions de CO2 du pays, le chauffage des bâtiments du tertiaire représentant quant à lui 20%. Afin d’atteindre les objectifs du « Climate Change Act », voté en 2008, le Royaume-Uni doit réduire de 29% les émissions domestiques et de 13% celles des bureaux (par rapport aux émissions de 1990), d’ici 2022. Pour respecter ce calendrier, le gouvernement a mis en place le « Green Deal », une législation visant à améliorer l’efficacité énergétique du bâti privé et à développer les énergies à basse émission en CO2.

Comment fonctionne le système ?

À partir du 1er janvier 2013, afin d’aider les ménages à entreprendre des travaux d’efficacité énergétique, des emprunts à taux zéro d’une valeur maximale de 10 000£ seront proposés. Pour savoir quels travaux seraient les plus adaptés, un expert énergétique pourra être mandaté afin d’effectuer un audit puis un devis. Une fois le prêt souscrit, les travaux domestiques (isolation thermique, géothermie, panneaux solaires, domotique) seront intégrés à la facture énergétique du foyer et remboursés à travers celle-ci. Si l’occupant des lieux déménage, le coût des travaux restera attaché à la facture énergétique du domicile et sera donc transmis au nouvel occupant des lieux. Cette logique d’emprunt-travaux est soumise à une double « règle d’or » : les économies permises par les travaux doivent être plus importantes que le montant total du prêt souscrit, et parallèlement, le temps nécessaire à l’amortissement de l’investissement sur la facture énergétique doit être inférieur à la durée du prêt.

De nombreux bénéfices espérés, et pas seulement en matière d’efficacité énergétique

Le DECC prévoit que le Green Deal permette de réduire de 7% la facture énergétique globale des ménages, tout en générant la création de 65 000 emplois dans le secteur de l’isolation thermique, de l’efficacité électrique et du BTP d’ici 2015. Cette politique vise particulièrement le bâti en milieu rural, chauffé au gaz ou au pétrole. Pour lancer le programme, les autorités tablent sur un investissement initial de 200 millions de livres. Au total, un investissement de 14 milliards de livres sur dix ans dans le domaine de l’efficacité énergétique est espéré.

Cet ambitieux programme repose sur l’attractivité financière de la formule pour les particuliers. Selon l’ONG Energy Saving Trust, l’installation d’un mur d’isolation externe (EWI pour External Wall Insulation) ou d’un mur d’isolation interne (Internal Wall Insulation – IWI) dans un foyer de 5 personnes permettraient par exemple d’économiser annuellement respectivement 445£ et 475£. Selon une étude de thinkinsulation.com, un propriétaire britannique sur trois serait intéressé par le Green Deal.

Quelques points d’interrogations demeurent

Les potentielles difficultés administratives qu’entraîne la formule sont pointés du doigt par quelques élus. Le vice-directeur du programme Green Deal, Charles Phillips, affirme cependant qu’il n’appartient pas seulement au gouvernement d’informer au mieux les usagers. Charge notamment  aux entreprises du secteur de promouvoir le projet. Brian Smithers, Directeur Business Development de Rexel UK, souligne ce point : « cela dépend de nous, en tant qu’industrie, de travailler ensemble pour s’assurer que toutes les informations soient facilement accessibles aux consommateurs.». (Builders’ Merchant news, 23-10-2012)

12 villes britanniques (parmi lesquelles Birmingham, Bristol, Leeds, Manchester, Newcastle, Nottingham et Sheffield) sont d’ores et déjà sur le point de recevoir une enveloppe commune de 12 millions de livres pour lancer le Green Deal dans leurs zones urbaines, effectuant le premier test à grande échelle du projet. « Ces villes ont des plans de réduction de leurs émissions [de CO2 NDLR] et d’économie d’énergie réellement amitieux. J’ai été vraiment impressionné par leurs plans pour tester le Green Deal et transformer nos foyers et nos immeubles » a commenté Ed Davey, le Secrétaire aux énergies.

Ces municipalités vont notamment devoir améliorer l’efficacité énergétique et développer la domotique de quelques 2500 foyers et bâtiments publics. Elles prévoient également de créer des « maisons vertes témoins », ainsi que des journées de sensibilisation afin d’enseigner les gestes quotidiens qui permettent de réduire sa consommation énergétique.

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