Quelle place pour le charbon dans la production d’électricité actuelle ?

charbon, mix énergétique, production d’électricité, gaz naturelLoin de l’image vieillissante d’une énergie du XIXe siècle, symbole de la révolution industrielle, le charbon reste de nos jours une énergie abondamment utilisée à travers le monde. Cette ressource représente 30% du mix énergétique mondial et sa consommation continue de progresser (+37% entre 2000 et 2008). Tirée par les besoins énergétiques des pays émergents, son utilisation, notamment pour la production d’électricité, soulève de nombreuses questions.

Une ressource ancienne, des méthodes nouvelles

Il existe deux méthodes d’exploitation pour produire de l’électricité à partir du charbon. La méthode la plus ancienne consiste à le broyer, puis le pulvériser afin d’entrainer sa combustion. Cette combustion porte à ébullition de l’eau dont la vapeur actionne des turbines. Cette méthode est relativement peu efficace dans la mesure où elle n’optimise pas l’énergie potentielle dégagée par la combustion de la ressource. Ce type de centrale est néanmoins encore très répandu, sa réactivité permettant de répondre aux variations de consommation électrique et de pallier les pics occasionnels.

Plus efficace, la méthode dite à « lit fluidifié » consiste à amener le charbon à former un « lit » que l’on porte en suspension grâce à de l’air sous pression, puis à le brûler.  Cette technique présente  un rendement plus élevé car le charbon est brûlé à une température moindre (900° contre 1400° pour les centrales plus anciennes). Cette méthode permet également d’utiliser du charbon de moins bonne qualité, ce qui accroÎt la rentabilité du processus.

Issu de la décomposition de végétaux il y a près de 300 millions d’années,  au même titre que les autres énergies fossiles,  le charbon est composé à plus de 90% de carbone. Il en existe deux types : le charbon « de surface » et le charbon « vapeur » (ou coke). Le charbon de surface est enfoui à faible profondeur et permet une exploitation via des mines à ciel ouvert. Cette ressource s’est développée autour d’une exploitation extrêmement industrialisée, mécanisée et rentable. Le charbon vapeur nécessite une exploitation plus profonde, donc moins aisée et rentable. Cette ressource reste exploitée dans certains pays en développement mais la faible productivité de l’extraction comme la faible qualité du minerai en limite l’intérêt.

Une ressource relativement abondante et peu onéreuse … mais particulièrement polluante

Présent sur tous les continents et simple d’exploitation (pour les charbons de surface), donc bon marché, le charbon est  massivement utilisé par les Etats où il est abondant (Chine, Australie, ou encore la Pologne, dont 88% de l’électricité est produite à l’aide de charbon). Cependant, particulièrement concentré en carbone, il se révèle bien plus polluant que d’autres sources carbonées lorsqu’il est brûlé (pétrole, gaz naturel). Sa combustion dégage une grande quantité de CO2 mais également du méthane et de nombreux autres polluants. Dans un rapport de 2007, le Sénat français invoquait l’impératif de voir la recherche progresser pour permettre un «charbon propre », notamment autour de technologies de captage du C02.

Bien que relativement peu dotée, l’Europe compte tout de même 6% des réserves mondiales. Si le vieux continent a basé son développement industriel historique sur cette ressource, son utilisation ne fait plus consensus aujourd’hui. Ces divergences sont accentuées par la décision allemande d’arrêt du nucléaire, suivie par l’Italie, qui laisse craindre aux opposants un recours massif au charbon, bien que l’Allemagne s’en défende. Quatrième consommateur mondial, après la Chine, les Etats-Unis et l’Inde, l’Union européenne ne semble pour l’instant pas en mesure de concilier les intérêts divergents de ses membres en la matière.

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