Le gaz naturel, source d’énergie fossile du XXIème siècle ?

efficacité énergétique, gaz naturel, énergie fossile, charbon, commission européenneLe charbon a constitué le moteur de la révolution industrielle du XIXème siècle, et le pétrole a nourri la croissance mondiale du XXème. Le gaz naturel est la troisième source la plus utilisée dans le monde pour produire l’électricité, à égalité avec l’hydraulique (17 % de la production totale) Bien que non renouvelable, il bénéficie encore aujourd’hui de réserves importantes à l’échelle du globe, notamment du fait de son exploitation tardive. Cette ressource pourrait être exploitée bien plus longtemps que le pétrole, laissant présager un développement important de son exploitation et des méthodes y ayant recours pour produire de l’électricité.

Une efficacité énergétique très variable selon la technologie utilisée

Il existe deux grands  types de centrales à gaz. La première génération fonctionne sur le modèle des centrales thermiques classiques. Le gaz sert à porter de l’eau à ébullition afin que la vapeur enclenche des turbines dont la rotation va produire de l’électricité. Très énergivore, cette technologie existe encore marginalement dans les pays producteurs de gaz mais tend à disparaitre.

Offrant un meilleur rendement, la deuxième génération permet de produire de l’électricité directement à partir de la combustion du gaz. La technique initiale, dite en « cycle simple », utilise la combustion du gaz pour activer les turbines. Ces  centrales se voient peu à peu supplantées par des systèmes dits à « cycle combiné », qui permettent d’allier les avantages des deux précédentes : elles produisent de l’électricité à partir de la combustion du gaz, et, en parallèle, à partir d’une ébullition d’eau engendrée par cette combustion. Ingénieuse, cette méthode mutualise l’énergie dégagée par la combustion et offre deux possibilités d’activation des turbines.

Il existe deux sortes de gaz : le gaz conventionnel, facilement accessible et ne nécessitant que peu de traitements et le gaz non-conventionnel, dont les coûts d’extraction ont longtemps été jugés trop élevés. Ces sources non conventionnelles nécessitent un traitement avant usage, et sont au cœur de  nombreux débats politiques et techniques quant à l’impact environnemental de leur extraction (notamment les gaz de schiste). Aux Etats-Unis, l’exploitation de ces sources non-conventionnelles connait un essor sans précédent. En juillet 2011, la France a été pour sa part l’un des premiers pays à interdire l’exploration des gaz de schiste par fracturation hydraulique, méthode jugée trop risquée pour l’environnement.

Une énergie moins polluante que les autres sources fossiles, relativement bon marché, et disponible en quantité importante … hors de l’Union européenne

A quantité d’électricité produite équivalente, les centrales au gaz rejettent cinq fois moins de CO2 que le pétrole. C’est également une énergie bon marché puisque son coût au MWh se situe entre 60 et 80 euros, contre de 50 à 100 euros pour le charbon et 150 à 300 euros pour le pétrole. Si l’exploitation du gaz s’accélère à l’échelle de la planète, l’Europe dispose néanmoins de faibles ressources en gaz conventionnel.  Or la consommation de gaz européenne devrait augmenter de 526 à 622 milliards de mètres cube d’ici à 2030 selon la Commission européenne, essentiellement approvisionnée par les gazoducs russes. Au global, cette source d’énergie est rendue plus couteuse par la complexité des infrastructures (ports spécifiques, gazoduc) et les problèmes politiques qu’elle soulève,  laissant en point d’interrogation la capacité (et la volonté) de l’Europe à s’intégrer dans ce possible « âge d’or du gaz » (La Tribune, 01/07/2012)

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