Les énergies renouvelables sont-elles devenues compétitives ?

smart gris, énergies renouvelables, production électrique, charbon, éolien, photovoltaïqueRaréfaction des matières premières et hausse prévisible des prix de l’énergie pour les consommateurs : ces constats sont désormais admis et de nombreux débats alimentent les décisions politiques sur notre avenir énergétique. Si en France le prix moyen du KWh s’élève à 0,0994 euros, il est en moyenne 30% plus cher pour les autres consommateurs européens. Face à ces enjeux, les énergies renouvelables constituent une réponse de plus en plus intéressante, mais souvent perçue comme onéreuse. Or l’IRENA – International Renewable Energy Agency – a publié en juin dernier une étude indiquant qu’elles seraient de plus en plus compétitives. L’énergie « verte » est-elle réellement plus chère à produire?  Tour d’horizon des principales sources de production d’électricité et de leurs coûts associés.

L’électricité d’origine solaire demeure chère à produire

On pourrait penser que l’essor important du photovoltaïque, notamment chez les particuliers, serait  dû à son prix attractif, or la CRE (Commission de Régulation de l’Energie)  indique cette énergie coûte toujours cher : de 150 à 400 euros par MWh. L’IRENA estime pourtant que son coût diminue d’environ 10% par trimestre (-60% sur les deux dernières années). Selon l’Association Européenne de l’Industrie Photovoltaïque, cela devrait permettre au coût du MWh solaire d’atteindre une fourchette de 80 à 180 euros d’ici à 2020. Bien que les coûts d’installation et de fonctionnement se réduisent, c’est une énergie intermittente, dépendante de l’ensoleillement. A l’instar de la centrale solaire Gemasol en Espagne, de nouveaux projets tentent de pallier ces limites.

La force du vent est désormais intéressante à exploiter

L’électricité d’origine éolienne (terrestre ou offshore), quasiment illimitée et non polluante, présente des coûts de production de plus en plus favorables. Les experts estiment son coût au MWh entre 70 et 200 euros. La difficulté provient de la nature intermittente de la production, les éoliennes ne pouvant fonctionner qu’environ 25% du temps. L’éolien en mer, la technologie la plus efficace, demeure néanmoins la plus onéreuse : de 120 à 250 euros le MWh. Cette forte variation est imputable aux coûts de maintenance et de mise en place plus élevés que l’éolien onshore.

L’hydraulique : une énergie abondante et peu coûteuse

L’électricité d’origine hydroélectrique est, en moyenne, la troisième source la « moins coûteuse» : de 15 à 20 euros par MWh. Malgré leurs coûts de construction colossaux, les barrages, une fois en place, présentent très peu de frais de fonctionnement et de maintenance. C’est une source d’énergie par ailleurs particulièrement flexible : les barrages peuvent démarrer très rapidement afin de soulager le réseau en cas de pic de consommation.

Les conditions naturelles (topographie, débit d’eau) nécessaires à leur installation constituent la principale limite à leur développement à grand échelle. En France, le potentiel hydraulique est par exemple déjà quasiment atteint, à l’inverse du Brésil qui investit massivement dans d’imposants complexes hydroélectriques.

Ces sources renouvelables sont-elles compétitives par rapport aux énergies fossiles ?

A peine plus chère que l’électricité hydraulique, l’électricité produite grâce au gaz se situerait entre 60 et 80 euros par MWh. Le charbon permet pour sa part de produire une électricité très économique, mais extrêmement polluante. Son coût de revient varie de 50 à 100 euros le MWh. La Chine est actuellement le premier consommateur mondial, produisant près de 70% de son électricité grâce à des centrales à charbon. Enfin, le pétrole implique une électricité très chère, entre 150 et 300 euros par MWh. A l’image des autres sources fossiles, elle est cependant « flexible », permettant de répondre presque instantanément aux pics de consommation. Le coût des énergies renouvelables n’est donc plus un frein à leur développement, s’alignant progressivement sur les sources traditionnelles par un effet de basculement des courbes (augmentation du prix des matières premières/diffusion à grande échelle de nouvelles technologies).

Dolf Gielen, directeur du Centre d’innovation et de technologie de l’IRENA, précise que la majorité des investissements dans le domaine énergétique se font actuellement par le biais des énergies renouvelables. Ces dernières représenteraient même la moitié des nouvelles capacités de production électrique dans le monde. Gageons que les progrès autour de ces nouvelles sources, notamment les smart grids, faciliteront d’autant plus leur utilisation dans un avenir proche.

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