La précarité énergétique en Europe : un sujet de préoccupation croissant

chauffage, EPEE, Europe, habitat, précarité énergétique En Europe, les hausses régulières du prix de l’énergie amènent plusieurs  millions de foyers à couper leur chauffage en hiver pour réduire leurs  factures. Les gouvernements ont décidé de lutter contre cette précarité  énergétique mais c’est aussi à l’échelle des ménages que les actions  peuvent être réalisées.

Ne pas se chauffer pour manger : en 2008, 3,3millions de ménages britanniques  étaient obligés d’effectuer cet arbitrage. La France a atteint le même chiffre  cette année. Le sujet est donc particulièrement préoccupant. Les  gouvernements français et anglais ont d’ailleurs décidé de s’attaquer au problème  en créant des missions interministérielles et des observatoires. Dans le cadre de son programme Intelligent Energy, l’Union européenne co-finance aussi le projet EPEE (European Poverty and Energy efficiency), qui s’intéresse spécifiquement à la rénovation des logements des ménages à faibles revenus. L’EPEE estime qu’entre 50 et 125 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique en Europe.

La diversité des situations en Europe

En 2009, selon les données rassemblées par l’EPEE dans cinq pays (Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie), une moyenne de 8% des foyers ne pouvait pas maintenir leur maison suffisamment chaude, avec un pic à 15% pour la Grande-Bretagne. De même, 16% des ménages subissaient des fuites ou de l’humidité dans leur bâtiment (23% en Italie). Enfin, 5% avaient des retards dans le paiement de leurs factures.

Malgré la diversité de ces situations, l’EPEE propose une définition commune : « la précarité énergétique désigne un foyer qui éprouve des difficultés, voire se trouve dans l’impossibilité de chauffer correctement son logement à un prix raisonnable qui dépend de ses revenus. En France et au Royaume-Uni, un ménage est considéré en pauvreté énergétique lorsque les dépenses de chauffage représentent plus de 10% de ses revenus (un ratio appelé « taux d’effort énergétique » par les instituts de statistiques). Les raisons de l’explosion actuelle du nombre de foyers concernés sont simples : Les ménages les plus défavorisés vivent dans les logements les plus vétustes. Leur dépense énergétique au mètre carré est donc démesurée.

Les solutions passent par la rénovation des habitats, par les aides aux ménages en difficulté mais aussi par l’évolution des comportements

Les autorités publiques ont décidé de mettre en place des plans de rénovation du parc immobilier. En 2010, l’Etat français a par exemple mis en place le programme « Habiter mieux », doté de 1,25 milliard d’euros, qui vise à aider les ménages à réaliser des travaux de rénovation thermique pour 300 000 logements d’ici à 2017.

Les ménages peuvent aussi être aidés. En France, des « tarifs sociaux de l’énergie » ont été créés par les entreprises d’énergie EDF et GDF. EDF a également instauré un « niveau minimal » de fourniture d’électricité, qui permet même à ceux qui ne peuvent plus payer de pouvoir continuer à brancher le minimum nécessaire, comme le réfrigérateur.

Mais les actions individuelles doivent aussi être largement encouragées. A Londres, par exemple, TheTelegraph a rencontré Jelena Kiselova, une jeune femme qui incite les personnes de son quartier à réduire leurs factures énergétiques. Ses conseils se veulent très pratiques, par exemple installer des réflecteurs de chaleur derrière les radiateurs ou ne pas faire tourner le lave-linge à moitié vide.

La précarité énergétique devrait croître dans les années à venir, en raison de la crise financière, de la hausse des prix de l’énergie et de l’augmentation des factures thermiques.

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