L’éolien marin a le vent en poupe

Dans le cadre du Grenelle de l’Environnement, le gouvernement français a publié en juillet 2011 un appel d’offres pour l’installation de parcs d’éoliennes au large du littoral français. Le 6 avril dernier, les attributions ont été publiées : la France va donc se lancer dans la construction, l’installation et l’exploitation de ses premières éoliennes « off-shore ». Cette actualité nous donne l’occasion de faire le point sur les avantages et les contraintes de cette source d’énergie encore aux prémices de son développement.

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©TheWindPower

Longtemps, la France a basé sa production d’électricité presque exclusivement sur l’énergie nucléaire. Aujourd’hui, l’Hexagone investit massivement dans les énergies renouvelables, en particulier dans l’éolien marin. D’ici à 2016, les quatre parcs éoliens construits au large des côtes normandes et de la Loire Atlantique (sites de Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Nazaire et Saint-Brieuc) devraient produire 2 Gigawatts de courant. La France cherche à combler son retard par rapport à l’Allemagne et au Royaume-Uni et se fixe comme objectif d’encore tripler sa production en 2020 par rapport à 2016, soit environ 6GW, ce qui représenterait 1000 à 1200 éoliennes, de quoi fournir de l’électricité à 4,5 millions de foyers.

Une efficacité énergétique remarquable…

L’éolien marin (en anglais offshore, c’est-à-dire « au large des côtes ») fonctionne selon le même principe que l’éolien terrestre : l’énergie cinétique du vent meut des turbines dont le mouvement est converti en électricité, selon le principe bien connu de la dynamo.  La technologie de l’éolien offshore bénéficie grandement des avancées technologiques récentes de l’éolien terrestre, tout en en améliorant encore le potentiel : comme en mer les vents rencontrent moins d’obstacles, ils sont de plus grande intensité, plus réguliers, moins turbulents. On estime ainsi qu’une éolienne marine peut, à puissance égale, produire deux fois plus d’électricité qu’une éolienne terrestre. Par ailleurs, un autre avantage considérable provient tout simplement du fait que la mer offre de très grands espaces dépourvus d’obstacles, ce qui facilite grandement l’installation des parcs éoliens. Enfin, la pollution visuelle souvent invoquée par les adversaires de l’éolien est moins problématique, car à 15 km des côtes les éoliennes ont la taille de petites épingles, à peine plus visibles qu’un cargo à l’horizon.

… qui entraîne de nouvelles contraintes techniques et de coût

Il faut cependant garder à l’esprit que même en mer, le vent n’est pas permanent : il souffle le plus la nuit, alors que les besoins en énergie sont évidemment beaucoup plus importants au cours de la journée. Se pose avec d’autant plus d’acuité la question du stockage de l’énergie produite en période creuse pour alimenter le réseau en période de pointe. Le raccordement au réseau est également un défi : il convient d’installer un système de câbles sous-marins à même de limiter les pertes d’électricité.

Autre contrainte : l’éolien en mer coûte 30 à 50% plus cher que sur terre. Non seulement l’installation des turbines nécessite l’intervention de bateaux adaptés, mais leur entretien est complexe : soumises à l’humidité et aux courants marins, les éoliennes doivent être pourvues de capteurs pour alerter sur les risques de corrosion. Enfin, en cas de panne, le rétablissement du courant peut prendre plusieurs jours, ce qui occasionne des pertes importantes d‘exploitation.

De l’électricité produite toujours plus loin des côtes : les avancées du « far-shore »

L’éolien « far-shore » (en anglais loin des côtes) permet de nets progrès par rapport à l’éolien marin tel qu’il se pratique majoritairement à l’heure actuelle. En effet les éoliennes extraterritoriales « classiques » ne peuvent être implantées que dans des eaux peu profondes, à moins de 40m de fond, sans quoi les travaux deviennent trop coûteux. Les éoliennes semi-flottantes, comme les  structures WindFloat développées par la firme américaine Principle Power, contournent cet écueil technologique : leurs fondations flottent et sont accrochées au fond marin par des câbles. Ce système présente de nombreux avantages : il permet de tirer parti de l’énergie éolienne à plus de 30 km des côtes, où les vents marins sont les plus forts et la pollution visuelle à partir du rivage est quasiment nulle. De plus, les coûts d’installation sont réduits puisque les éoliennes peuvent être assemblées sur le continent avant d’être remorquées.

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Photo : © TheWindPower

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