La Chine, confrontée à la nécessité de produire une électricité « propre »

efficacité énergétique, charbon propre, gaz naturel, Chine, pollutionSi la Chine est l’un des plus gros pollueurs du monde, c’est également le pays le plus pollué. D’après la Banque Mondiale, 16 des 20 villes les plus polluées de la planète se trouveraient en Chine. L’utilisation de centrales à charbon pour produire de l’électricité explique en grande partie cette dégradation de l’environnement. Une situation inquiétante qui préoccupe la population, obligeant le gouvernement à lancer une refonte de son modèle de production électrique.

Une situation très préoccupante en zone urbaine

La pollution tue en Chine au moins 300 000 personnes par an. Le nombre de cancers du poumon a augmenté de 60% au cours de la dernière décennie – devenant ainsi la première cause de mortalité – et l’asthme se développe extrêmement rapidement. Pendant longtemps, ce fait a relevé d’un véritable tabou, le gouvernement chinois refusant même d’effectuer les mesures précises permettant de connaître le taux de pollution réel des grandes villes. À Pékin, c’est notamment l’ambassade américaine qui s’est chargée des années durant d’effectuer les bonnes mesures. Toutefois, en mars 2012, le gouvernement chinois a annoncé la mise en place de la mesure du taux de particules fines (2,5 microns ou moins) dans les 31 plus grandes villes du pays. Jusqu’à aujourd’hui, seul était mesuré le taux de particules de 10 microns ou plus. Cette nouvelle position vise non seulement à contenter une certaine colère populaire, mais également à satisfaire aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

70% de l’électricité chinoise est produite par des centrales à charbon

La Chine est assise sur un trésor : son sol contient à lui seul 13,6% des ressources mondiales de charbon. Cette manne naturelle, malheureusement extrêmement polluante, rejette d’importante quantités de dioxyde de soufre (SO2), de dioxyde d’azote (NO2), de mercure, et des particules fines (diamètre inférieur à 10 microns), qui sont rejetées dans l’air par les 1400 centrales à charbon chinoises. Le pays consommant autant de charbon que l’Europe, le Japon et les Etats-Unis réunis, la pollution liée à l’électricité semble devenir une grande cause nationale.

A titre de comparaison, le charbon, lorsqu’il est utilisé pour produire de l’électricité, produit 35% de gaz carbonique de plus que le pétrole et 72% de plus que le gaz naturel. Le charbon est donc, au cours de sa combustion, à l’origine de la majeure partie des émissions de SO2 et de NO2 du pays. Par ailleurs, la combustion de quatre tonnes de charbon rejette une tonne de cendres toxiques, qui se retrouvent en partie rejetées dans l’air. L’utilisation massive du charbon dans la production d’électricité s’explique non seulement par les ressources énormes dont jouit le pays, mais aussi par le fait qu’il s’agisse de l’une des plus anciennes sources connues, donc parfaitement maitrisée et de plus  bon marché.

Vers un remodelage de la production électrique plutôt qu’une optimisation de la combustion du charbon

Selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), l’augmentation mondiale de CO2 prévue d’ici à 2030 sera due à la Chine à hauteur de 39% (dont les émissions dues au charbon vont plus que doubler). Plutôt que de tenter de « domestiquer » la pollution liée au charbon, le gouvernement semble s’engager vers une stratégie de diversification des sources de production d’électricité. Comme nous l’écrivions sur le webmag, le gouvernement a voté une subvention de 300 milliards de dollars pour les énergies renouvelables dans son dernier plan quinquennal.

Or les ressources naturelles du pays auraient pu laisser croire que la Chine investirait dans les technologies du «charbon propre», comme les centrales supercritiques et les centrales de gazéification. Non contentes d’améliorer l’efficacité énergétique de la combustion du charbon, elles permettent de fortement diminuer le rejet de particules toxiques. Mais ces technologies de pointe coutent très cher et il semble désormais peu probable que la Chine s’en fasse le laboratoire,  le pays étant en passe de devenir le leader mondial des énergies renouvelables.

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