Gemasol : l’énergie du futur… déjà commercialisée en Espagne

panneaux solaire, combustible fossile, production énergétique

Photo © Novartis AG

Inaugurée le 4 octobre 2011 par le Roi d’Espagne Juan Carlos et le Prince d’Abu Dhabi, la centrale solaire à concentration CSP* Gemasol (Fuente de Andalucia, Espagne) pourrait bien préfigurer de l’avenir de l’énergie.

Le principe est simple pour une centrale toutefois gigantesque. Des miroirs, au nombre de 2650, réfléchissent la lumière du soleil vers une tour d’une hauteur de 140 mètres contenant du sel liquide. Ce dernier, sous l’effet des miroirs, chauffe jusqu’à atteindre des températures dépassant les 500 degrés Celsius. Puis, il est refroidi, ce qui entraine la formation de vapeurs, qui à leur tour entrainent des turbines, qui créent alors de l’électricité.

Jusque-là le principe est simple et ne semble pas se démarquer de ce qui existe déjà. Et pourtant. Le sel liquide permet non seulement d’atteindre des températures extrêmement élevées, mais aussi d’emmagasiner la chaleur longtemps. Ainsi, le sel une fois chauffé peut permettre à la centrale Gemasol de fonctionner près de quinze heures en autonomie, sans exposition solaire. La nuit ou les épisodes météorologiques nuageux ne sont donc plus une limite à la fabrication d’une énergie d’origine solaire. La création continue d’énergie permet de plus d’éviter des fluctuations trop importantes dans l’alimentation en électricité du réseau.

La production énergétique de la centrale, qui devrait être de 110 GWh/an, reviendrait à utiliser, par an, 89 000 tonnes de lignite ou 217 000 barils de pétrole dans des centrales équivalentes utilisant ces combustibles fossiles. L’économie réalisée est double : premièrement, les 304 750m² de panneaux réfléchissants n’ont besoin que du soleil pour accomplir leur tâche, et deuxièmement, ce sont 30 000 tonnes de CO2 par an qui ne sont pas rejetées dans l’atmosphère. Ce qui ne devrait pas déplaire aux 27 500 ménages du sud de l’Espagne dont l’électricité provient déjà de la centrale de Fuente de Andalucia.

La centrale, dont la construction s’est achevée en septembre 2010, a effectué sa meilleure performance en juin 2011 suite à plusieurs jours de radiations solaires remarquables. Pour autant, elle n’était alors qu’à 63% de sa capacité.

Projet pionnier en matière d’énergie propre et durable, Gemasol est gérée par la société Torresol (« Tour de soleil »), elle-même détenue par le SENER* et le MASDAR, un investisseur spécialisé dans le secteur énergétique. Son coût, estimé à 171 millions d’euros, a notamment été financé par la Banque Européenne d’Investissement qui y a injecté 80 millions d’euros. Il s’agit désormais de réussir à diffuser cette technologie afin d’abaisser les coûts de production, l’économie n’étant pas de nature financière pour l’instant.  En 2009, l’énergie dite durable représentait 12,5% de l’énergie consommée dans le pays.  Elle devrait en représenter 20% en 2020.

Alors, peut-on parler d’avenir ? La centrale a obtenu le Prix 2011 de l’Innovation Technologique remis par la référence internationale CSP today. Elle a également rapporté le ruban d’honneur à sa société gérante, Torresol, aux European Business Awards. Un joli palmarès pour une énergie encore jeune, et bien loin d’avoir fait montre de tout son potentiel.

Photo © Novartis AG

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