Les bâtiments intelligents à la recherche de l’efficacité électrique

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© Edwin.11

En France, les bâtiments représentent près de la moitié de la consommation d’énergie. Le chauffage, l’éclairage ou encore la climatisation génèrent l’émission de 120 millions de tonnes de CO² soit 25% des émissions nationales. D’énormes progrès sont à venir dans ce domaine,  notamment la conception de bâtiments dits « intelligents ». A la clef ? Plus de 1000 euros d’économies par an et par foyer, comme l’indiquait Philippe Pelletier* lors du colloque Rexel sur l’efficacité énergétique.

La Commission de Régulation de l’Energie, définit un bâtiment intelligent comme « un bâtiment à haute efficacité énergétique intégrant dans la gestion intelligente du bâtiment les équipements des consommateurs, les équipements des producteurs et les équipements de stockage de l’électricité ». Sa conception prend donc en compte  de nouvelles techniques de construction ou de rénovation, mais également la mise en réseau de ses différents systèmes électriques. Ces progrès concernent autant le bâti tertiaire que les logements individuels ou collectifs, à l’image du quartier « intelligent » IssyGrid déjà évoqué sur le webmag, premier exemple français en la matière.

Un bâti producteur d’énergie

L’efficacité d’un bâtiment « vert » dépend des techniques et des solutions de gestion de l’énergie appliquées. L’utilisation de matériaux tels que la laine de verre, le chanvre ou la paille constitue par exemple une  méthode  efficace pour créer une bonne isolation et ainsi éviter le « gaspillage » thermique. De même, le développement de systèmes de ventilation, de chauffage ou de climatisations optimisées  permet de réduire considérablement  la consommation énergétique.

Aujourd’hui les immeubles ont également la possibilité de produire une partie de leurs besoins en énergie. Par exemple, les toitures peuvent être aménagées pour accueillir des panneaux photovoltaïques pour chauffer l’ensemble (radiateurs électriques, eau chaude). Ces procédés compensent, voire dépassent, les dépenses énergétiques des habitants.

Une mise en réseau des systèmes électriques pour piloter la consommation selon l’utilisation de chaque pièce d’un bâtiment : le musée du Louvre ouvre la voie

Mais ces structures ne deviennent « intelligentes » qu’à partir du moment où leurs consommations d’énergie est mesurée par des capteurs et contrôlées grâce à des systèmes de monitoring.

Les systèmes GTB (Gestion Technique des Bâtiments) permettent de mettre en réseau l’ensemble des équipements électriques.  Des systèmes informatiques constitués de plusieurs automates « concentrateurs » recueillent les informations des différents capteurs. Ceux-ci sont reliés à un poste informatique équipé d’un logiciel de supervision. Les dispositifs d’alimentation en énergie, d’éclairage, de ventilation, de chauffage, de climatisation, de contrôle d’accès ou de vidéosurveillance sont reliés et communiquent avec le système central permettant ainsi une information et une gestion en temps réel de l’infrastructure.

Les géants de l’informatique s’engagent dans le développement des systèmes GTB. Avec son initiative Smarter Building, IBM vient par exemple d’installer au Musée du Louvre son logiciel de pilotage Maximo. Celui-ci permet de coordonner l’ensemble des opérations d’entretien, de chauffage, d’éclairage et de sécurisation  des 60 000 m2 de galeries. Les outils d’analyse en temps réels contribuent au contrôle de la température  ou du taux d’humidité de chacune des salles, assurant ainsi la bonne conservation des œuvres. Pas moins de 40% d’économie d’énergie sont attendues sur l’année.

Ces procédés apportent une vision globale de la consommation d’un bâtiment. La mise en réseau des systèmes permet de gérer à distance les équipements et d’obtenir un pilotage optimal des installations, en regroupant et en déclenchant plusieurs fonctions électriques à partir d’un même point de commande. En cumulant l’utilisation de technologies économes, de production décentralisée sur chaque ouvrage et l’emploi d’un système de gestion de l’énergie, le bâtiment intelligent représente une première étape pour arriver à terme à une structure à énergie positive, qui connait, maitrise et peut même être excédentaire sur son bilan énergétique.

*Avocat, Président du Comité stratégique du Plan bâtiment du Grenelle et spécialiste des questions de précarité énergétique

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Photo : © edwin.11

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