Suède : utiliser la fraicheur ambiante pour refroidir un data center ? L’exemple de Facebook

efficacité énergétique, data center, free cooling Le système de refroidissement d’un data center, indispensable au bon fonctionnement des serveurs, nécessite beaucoup d’électricité. Il peut représenter jusqu’à 40 % de la consommation énergétique totale d’un centre de traitement et de stockage de données. Dans un souci d’optimisation énergétique, la Commission européenne a créé un Code de bonne conduite énergétique pour les data centers, préconisant l’utilisation de nouvelles techniques de refroidissement.

Un système primordial mais coûteux

Un data center permet de stocker l’ensemble des serveurs d’une entreprise pour traiter et conserver ses données informatiques. Un centre peut entreposer plusieurs milliers de serveurs fonctionnant en permanence. Ce fonctionnement continu entraine une augmentation de la température du matériel qu’il faut refroidir pour le maintenir à une température ambiante ne dépassant pas les 24°C. Le système de refroidissement est donc essentiel.

Traditionnellement,  ce système repose sur l’utilisation de réfrigérateurs, de congélateurs ou encore de climatiseurs permettant de produire rapidement de la fraîcheur mais consommant en contrepartie une quantité significative d’énergie. Des systèmes de refroidissement plus sobres permettent aujourd’hui  de maintenir les serveurs à bonne température pour un moindre coût financier et écologique.

L’optimisation énergétique  grâce au « Free Cooling »

Le « Free Cooling » consiste à exploiter des sources de refroidissement naturelles. Le système peut être alimenté par exemple par une source d’eau fraîche. L’eau est distribuée directement dans le circuit du centre puis rejetée dans la rivière ou la mer à proximité. Ce procédé est utilisé par Google dans son data center de Hamina en Finlande ouvert en 2011 par exemple.

Cela est moins connu, mais on peut également utiliser l’air extérieur. Facebook a choisi ce dispositif pour la construction de son nouveau data center à Lulea en Suède. Le choix de cette ville n’est pas anodin. Située à proximité du cercle arctique, elle bénéficie d’un climat particulièrement froid (moyenne de 1°C en hiver et 20°C en été).  Le data center utilisera donc le froid de l’air extérieur limitant ainsi considérablement les coûts de climatisation et d’électricité nécessaires aux 10 000 serveurs qui y seront installés en 2014. De plus, ce centre sera alimenté par l’électricité produite par le barrage hydraulique installé sur la rivière Lule proche de la ville. Grâce à l’utilisation du « Free Air Cooling », ce data center ne demandera que 120 mégawatts pour fonctionner (soit tout de même la consommation d’une ville de 16 000 habitants), au lieu de 260 mégawatts environ pour les centres les moins performants énergétiquement.

Les professionnels ont conscience de l’importance de l’optimisation énergétique de leurs centres. L’organisation The Green Grid (qui réunit les géants du secteur de l’informatique comme HP, IBM ou encore Intel) propose d’ailleurs plusieurs outils et conseils à destination des opérateurs souhaitant utiliser le système du « Free Cooling ».

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