Désaccords en Europe sur la stratégie énergétique

économies d’électricité, efficacité énergétique, énergies fossiles, Commission européenneLes ministres de l’énergie des Etats membres ont réagi négativement aux propositions de la Commission européenne sur l’efficacité énergétique. Les gouvernements sont divisés sur les méthodes et les objectifs.

La directive de la Commission, qui se concentrait spécifiquement sur les fournisseurs d’énergie et les bâtiments publics, s’est heurtée à l’opposition de plusieurs ministres qui ont critiqué son  « manque de flexibilité ». Elle stipulait des économies d’électricité annuelles obligatoires de 1,5%, que les fournisseurs devaient fournir à leurs clients. Les opposants, notamment les ministres de l’énergie tchèque et finlandais, avançaient que cette mesure limiterait la compétitivité.

Une autre proposition mise en cause concernait la rénovation des bâtiments, à un coût jugé trop élevé. Les Etats membres se verraient dans cette hypothèse obligés d’effectuer des travaux de rénovation sur 3% des bâtiments publics.

Comment trouver un compromis ?

Tout n’est pas perdu. Günter Oettinger, commissaire européen à l’Energie, a indiqué qu’il était encore possible de négocier : « Tout est question de savoir quelle marge de manœuvre laisser aux Etats membres. Peu m’importe que ce soit 1,5 ou 3%. Ce qui est important c’est que des mesures soient prises vers un objectif d’efficacité énergétique ».

Mais les voix sont discordantes sur le texte actuel, d’autres pensent en effet que cette proposition est tout à fait acceptable. Le ministre danois Martin Lidegaard a indiqué que cette directive pourrait réduire la dépendance de l’Union aux énergies fossiles. « Nous devons maintenir notre ambition, mais nous pouvons être flexibles sur l’architecture à adopter » ajoute-t-il.

Apporter des changements au texte peut être long et fastidieux. A ce jour, près de 1800 amendements ont été déposés au Parlement européen.

Quelle infrastructure énergétique pour les îles ?

Une autre préoccupation portée par certains Etats membres, particulièrement Chypre, l’Irlande et la Lettonie, concerne la rénovation de l’infrastructure énergétique trans-européenne (aussi connue sous le nom de Ten-E). Ces Etats, qui sont en quelques sortes des «péninsules énergétiques», soulignent l’importance des connexions au grand large, entre les iles et les réseaux. La Lettonie, en particulier, défend ardemment que le terminal gazier qui relie la Suède aux pays voisins soit situé sur ses côtes. Le pays n’a en effet aucune connexion gazière avec un autre pays européen.

La difficulté première de l’extension des réseaux demeure néanmoins les coûts. Les Etats les plus riches comme la France et l’Allemagne sont réticents, rétorquant que les projets éligibles à un financement de l’UE se basent sur des critères trop flous. « Les procédures d’autorisation de projets d’intérêts communs doivent respecter le principe de subsidiarité. Un modèle européen unique d’organisation ne  doit pas être imposé aux Etats membres » commente à ce sujet Eric Besson, ministre français de l’énergie.

Du temps va donc être nécessaire avant que ces discussions n’aboutissent. La Commission est obligée de présenter son rapport sur la réalisation concrète de ses propositions en 2013.

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