Les contrats de performance aux USA : un moyen efficace d’incitation aux économies d’énergie ?

USA, économies d’énergies, efficacité énergétiqueLe mécanisme financier des contrats de performance énergétique, qui existe aux Etats-Unis depuis près de dix ans, a vu son utilisation s’accélérer récemment. Selon le Département de l’énergie, plus de 500 projets d’une valeur cumulée de 3,6 milliards de dollars ont été mis en place depuis l’année dernière.

Prisons, écoles, logements sociaux… : les contrats de performance en économies d’énergie (energy savings performance contracts : ESPC), créés pour encourager les investissements dans les bâtiments de l’Etat, peuvent être mis en place dans de nombreux locaux. Ils permettent à l’administration contractante de faire des économies sur les factures d’énergie sans avoir à investir au préalable.

Des avantages déterminants…

Les bâtiments concernés sont de plus en plus gros ! Début 2011, la FDA (Food and Drug Administration) a même signé un contrat de 213 millions de dollars avec la société Honeywell International, le plus important à ce jour. Ce contrat, qui court sur vingt ans, devrait permettre à la FDA d’économiser 5,5 trillions d’unités thermiques sur cette période (une BTU- British Thermal Unit – équivaut à environ un joule). A titre de comparaison, cela équivaut à la consommation moyenne de 134 000 logements sur un an.  Mieux encore : sur la seule première année, l’ESPC permettra à la FDA d’économiser près de 25 millions de dollars en énergie et d’éviter certaines opérations de maintenance.

Et ce système s’exporte ! L’entreprise américaine Johnson Controls a par exemple reçu le prix européen de l’initiative énergétique pour son installation dans le Musée Juif de Berlin, effectuée grâce à un contrat de performance énergétique.

… mais une formule complexe à mettre en place

L’entité contractante doit cependant bien mesurer ses engagements, comme le montre le cas d’une école de New York (avec l’entreprise ConEdison Solutions). Après plusieurs péripéties administratives, le projet a été retardé et de nombreux efforts effectués en vain. Le ministère américain de l’éducation, affichant pourtant son adhésion à ce type de démarche, a plusieurs fois retoqué les propositions de l’école. Néanmoins, John Cain, représentant de ConEdison, l’assure : « Il y aura des économies d’énergie, nous n’en avons aucun doute ».

Un point clef : un investissement initial limité

De nombreuses installations seraient simplement impossibles sans ESCP. Surtout parce que le mécanisme permet d’éviter de gros investissements initiaux, préalables à tous travaux d’efficacité énergétique.

Le service du logement de Trenton (New-Jersey) en est le parfait exemple, suite à son contrat avec Constellation Energy. Le programme doit lui permettre d’économiser 31 millions de dollars sur les 15 prochaines années, sans avancer de fonds pour les travaux initiaux (11.5 millions de dollars). « Ces améliorations n’auraient pas été possibles sans ESPC, qui nous fournit une solution budgétairement neutre, sans mise de départ » souligne Herbert Brown, directeur de l’administration.

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