La filière photovoltaïque au creux de la vague

Dopée par la forte croissance du marché dans les années 2000, la filière photovoltaïque souffre aujourd’hui d’une surcapacité de son outil de production. Si les perspectives du secteur à moyen terme restent au beau fixe, les producteurs de panneaux connaissent actuellement des difficultés.

Depuis le printemps dernier, les principaux acteurs de la filière se réunissent à travers « les Etats Généraux du Solaire ». Fabricants de panneaux, producteurs d’électricité, installateurs et professionnels de l’efficacité électrique ont proposé plusieurs pistes pour se renforcer et ne pas manquer l’accélération du marché mondial prévue à l’horizon 2020.

Parmi ces propositions, les professionnels insistent pour relever « l’objectif  photovoltaïque » fixé par les pouvoirs publics, de 5 à 20 gigawatts d’électricité produite en 2020 (synthèse de leurs travaux en PDF).  D’abord stimulée par le premier Grenelle de l’environnement en 2007, la filière du solaire critique aujourd’hui le gouvernement pour son manque de soutien financier. Un soutien jugé indispensable pour fortifier les acteurs français sur leur marché domestique, puis mondial.

Une concurrence internationale, elle aussi fragilisée

Les principaux fabricants de panneaux sont aujourd’hui américains (First Solar) et chinois (JA Solar, Suntech). Particulièrement agressifs en termes de prix, les fabricants chinois sont critiqués par la filière française qui dénonce la protection et les subventions que leur accorde la Chine (Les Echos, 15/11/2011).

Les nouveaux débouchés de croissance sont principalement identifiés en Europe, mais les difficultés financières actuelles des européens font craindre que ce marché ne leur échappe. Comme le précise le site spécialisé GreenUnivers, tous les acteurs souffrent néanmoins de surcapacité de production face à une demande mondiale qui augmente moins vite qu’au cours des années 2000.

Une filière complexe

Cette situation ne remet pas en cause les perspectives à moyen terme d’un secteur d’activité aux technologies de plus en plus performantes. D’ici là, la filière française devra surmonter plusieurs défis, notamment l’optimisation des raccordements aux réseaux électriques, qui devront être à la fois plus simples et plus intelligents.

L’ensemble des acteurs devra également convaincre les particuliers, les collectivités et les entreprises de la pertinence d’une installation solaire. Thierry Mueth, président d’Enerplan (regroupement de  170 acteurs du secteur), indique que le prix des énergies fossiles en hausse constante rendra l’électricité photovoltaïque compétitive dès 2016 (Le Figaro, 15/11/2011). Le groupe précise  également à Enerzine que c’est par une politique volontariste des collectivités et du gouvernement que la filière sera créatrice d’emplois, notamment à travers un cadre juridique et fiscal plus stable.  A la clef : un potentiel de 100 000 créations de postes à haute valeur ajoutée et non délocalisables, souligne le syndicat.

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