Allemagne : un soutien financier pour les projets d’efficacité énergétique

La banque de développement allemande s’apprête à proposer un important soutien financier aux projets d’énergies « vertes ». A travers cette mesure, c’est l’ensemble d’un pays qui se mobilise vers l’efficacité énergétique.

efficacité énergétique, énergies renouvelables, photovoltaïque, éolien, énergie solaireLa Kreditanstalt fur Wiederaufbau (KFW),  banque de développement  de l’Etat allemand, va soutenir des projets d’efficacité énergétique pour un montant de 100 milliards d’euros. L’Agence allemande de promotion du commerce extérieur a précisé que ces crédits seraient alloués au cours des cinq prochaines années.  Cette annonce fait suite à la décision de la Chancelière Angela Merkel, en mai dernier, de progressivement stopper la production d’électricité nucléaire entre 2015 et 2022. Actuellement, les 17 réacteurs nucléaires allemands produisent 28% de l’électricité consommée dans le pays.

En termes de production électrique, l’Allemagne est le pays d’Europe où le photovoltaïque et l’éolien ont la part la plus importante. Le plan de la KFW doit permettre d’accélérer encore le recours aux énergies renouvelables. Thobias Homann, expert de l’énergie solaire pour l’agence de promotion du commerce extérieur, précise : « Avec la décision de sortie du nucléaire, il est clair que le challenge est immense. Mais l’Allemagne offre la perspective prometteuse de devenir le premier pays industrialisé à compter uniquement sur les énergies renouvelables ».

Les financements de la KFW vont cibler une large gamme de projets incluant l’efficacité énergétique, les smart grids, la production d’énergie solaire et éolienne. Selon l’Agence, la KFW a financé 40% des installations photovoltaïques du pays l’an dernier.

Des institutions politiques et financières en pointe sur les questions énergétiques

Et la mobilisation ne se limite pas au seul soutien de projet de développement ! A travers six programmes de recherche, le gouvernement allemand  investit près de 205 milliards d’euros sur trois ans dans le secteur du stockage de l’énergie. La direction prise par les autorités est claire : les sources renouvelables devront représenter 35% de la production nationale en 2020, et pas moins de 80% en 2050. L’Allemagne produit actuellement 20% de son électricité à partir de sources renouvelables, contre seulement 6% en 2000.

Jurgen Friedrich, président de l’Agence pour le commerce extérieur défend ces nouveaux crédits : « L’Allemagne a développé les prérequis idéals pour un développement rapide du secteur du stockage d’énergie. La combinaison unique entre une production à partir de sources renouvelables, et leurs implantations à travers ces projets de stockage font de nous le candidat idéal pour les entreprises cherchant à investir dans cette industrie très prometteuse ».

Néanmoins, la KFW modère ces perspectives en précisant que l’actuelle crise des dettes européennes représente  une « terrible barrière » au financement des énergies propres. Lors d’une conférence à Berlin, son PDG Ulrich Schroeder a estimé qu’un « système bancaire sain » était nécessaire au soutien à grande échelle des énergies renouvelables. L’année dernière, la KFW a débloqué 25.3 milliards d’euros sur ces thématiques, selon Schroeder. En août, l’établissement a été élu « banque la plus sûre au monde » par le Global Finance Magazine.

Si ces signaux sont très prometteurs, l’Allemagne fait face à de multiples challenges : « La tendance positive des énergies-renouvelables ne s’est pas créée d’elle-même. La législation de ce domaine devra être révisée en permanence, en gardant un œil sur  les volumes d’électricité d’origine renouvelable. En parallèle, nous devons étendre et redessiner le réseau électrique pour faciliter leur intégration et leurs échanges croissants dans le mix énergétique » indique Jochen Flasbarth, président de l’Agence allemande de l’environnement.

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