Les Britanniques et l’efficacité énergétique : un décalage entre conscience de l’importance et pratiques

baromètre efficacité énergétique
Les Britanniques estiment que l’efficacité énergétique est un enjeu important, même s’ils n’en adoptent qu’imparfaitement les gestes au quotidien. Le premier baromètre international Rexel de l’efficacité énergétique montre qu’ils sont intéressés par les investissements permettant des gains sur la facture d’électricité, avant toute considération environnementale.

Un contraste entre l’importance attribuée au sujet et les pratiques déclarées

Les Britanniques sont tout particulièrement sensibles à l’efficacité énergétique, puisque 94% d’entre eux estiment qu’il s’agit d’un sujet important (dont 62% un sujet très important) et 87% déclarent également faire attention à leur consommation énergétique (dont 37% très attention). Malgré tout, quand on aborde plus concrètement l’adoption des gestes quotidiens permettant de réduire la consommation d’énergie, les Britanniques ne semblent pas les avoir véritablement tous intégrés (par exemple l’utilisation des multiprises avec interrupteur ou le remplissage au maximum la machine à laver avant de la lancer), notamment par rapport aux Allemands qui affirment être les plus actifs à ce niveau.

Ce décalage entre théorie et pratique se traduit également par une connaissance assez partielle des dispositifs mis en place afin de promouvoir l’efficacité énergétique. En effet, parmi les mesures testées, seule l’interdiction des lampes à incandescence est précisément connue par une majorité de Britanniques (75% la connaissent, dont 54% précisément), ce qui n’est pas le cas pour les trois autres mesures : le développement du compteur intelligent dans tous les foyers d’ici fin 2018 (connu par 65%, et précisément par 33%), les prêts de Carbon Trust à destination des entreprises (44% dont seulement 10% qui voient précisément ce dont il s’agit), et le prix préférentiel garanti pour le photovoltaïque (32%, dont 13% précisément). Relevons que ces mesures, si elles sont peu connues, ne sont pas nécessairement en lien avec la vie quotidienne.

En dépit d’une situation de tension sur le pouvoir d’achat, une relative appétence pour les investissements rentables

Afin d’améliorer leur efficacité énergétique, les Britanniques, dont environ 70% sont propriétaires, ont plutôt tendance à privilégier les investissements conséquents au sein de leur logement (installation de double-vitrages, de système d’alerte en cas de consommation inhabituelle, de chauffe-eau solaire ou de pompe à chaleur, etc.), dont on sait qu’ils sont motivés par les bénéfices financiers apportés à long terme. L’aspect financier est en effet primordial dans l’approche qu’ont les Britanniques de l’efficacité énergétique, la réduction des dépenses étant même la première raison justifiant sa promotion (pour 97% dont 73% une très bonne raison).

Véritable levier de l’efficacité énergétique, l’aspect financier peut aussi se révéler être un frein, notamment dans le contexte actuel de crispation du pouvoir d’achat. Ainsi, quand on les interroge sur les éléments freinant les économies d’énergie, un Britannique sur deux dénonce le prix trop élevé des produits économes en énergie (ampoules, capteurs, etc.) et 45% d’entre eux soulignent la faiblesse des incitations financières.

L’aspect financier constitue un levier qui ne suffit pas à donner une cohérence globale au thème de l’efficacité énergétique

Les Britanniques, s’ils perçoivent les enjeux financiers liés à l’efficacité énergétique semblent plus globalement manquer d’information sur le sujet. Ainsi, ils attendent principalement des informations relatives aux incitations financières et les législations existantes (pour 35%) ainsi qu’aux travaux d’aménagement de l’habitat (31%). En parallèle, ils dénoncent un manque d’information sur les prix et les produits (38% d’entre eux) et attendent alors beaucoup des grandes surfaces, proches de leur quotidien immédiat, dans la promotion de l’efficacité énergétique.

Surtout, les Britanniques semblent interpréter de façon spécifique le concept de l’efficacité énergétique. En effet, le souci de réduction des dépenses passe avant la protection de l’environnement (66% pour 62%) lorsqu’il convient de juger s’il s’agit d’une « très bonne raison » pour promouvoir l’efficacité énergétique. Ainsi, le regard des Britanniques sur l’efficacité énergétique est davantage conditionné par des considérations individuelles et immédiates de pouvoir d’achat, qui prennent le pas sur une logique plus collective et prospective de protection de l’environnement.

  • Pour en savoir plus sur l’efficacité au Royaume-Uni

Pour aller plus loin sur ce site, consultez les résultats du premier baromètre international Rexel de l’efficacité énergétique.

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