Les certificats d’économie d’énergie : un actif à valoriser

Créés en 2005 dans le cadre de la Loi de programme fixant  les orientations de la politique énergétique (loi « POPE » du 13 juillet 2005), les Certificats d’économie d’énergie (CEE) ne sont pas vraiment une nouveauté en France. Pourtant, la relative complexité du système les a longtemps laissés dans l’ombre, et le grand public a tardé à en prendre complètement connaissance. La récente campagne d’un acteur majeur de la grande distribution signale cependant un début de prise de conscience.  Car les CEE signifient avant tout des économies financières conséquentes sur l’installation d’une large gamme de produits et services…

Contrairement aux certificats dits « verts », les CEE (également appelés certificats « blancs ») ne concernent pas la production d’énergie propre, mais la réduction de la consommation. Ils valorisent donc en quelque sorte l’énergie « non consommée », dans la droite ligne des initiatives européennes. Dès lors, le système revient globalement à inciter les grands acteurs de l’énergie à subventionner les travaux de leurs clients visant à réduire leur consommation d’énergie, afin de réaliser chaque année des économies dans un volume fixé par la Loi. Faute de quoi, les énergéticiens (que la loi Pope qualifie d’ »obligés« ) doivent payer une pénalité à l’Etat.

Par exemple, en installant une pompe à chaleur, les particuliers font bénéficier l’installateur d’un Certificat d’une valeur d’environ 700 euros : en retour, celui-ci consent en principe une réduction équivalente à une partie de ces 700 euros. En principe seulement, car les premières années ont vu certains installateurs récupérer purement et simplement les CEE générés par les travaux qu’ils effectuaient et les monnayer pour leur compte. Pourtant, la Loi précise que le CEE est acquis à celui qui finance les travaux.

La vraie nouveauté est intervenue avec l’extension du champ d’application de la Loi (depuis le 1er janvier 2011), qui inclut désormais les distributeurs de carburants parmi les obligés introduisant ipso facto des acteurs comme Auchan ou Leclerc dans le circuit. Sommés d’obtenir eux-aussi les précieux Certificats, les géants de la grande distribution proposent donc désormais des montants incitatifs en contrepartie de vos CEE. A titre d’exemple, et d’après les données recueillies par Le Particulier dans son édition de juillet-aôut 2011, l’installation d’une chaudière individuelle à condensation rapporte 250 € chez Veolia, quand Auchan en propose 450 €. Pour une pompe à chaleur de type « eau/eau », la valeur des CEE passe de 290 € chez Alvéa à 561 € chez Leclerc.

Bien entendu, selon le type de travaux et d’équipements, l’intermédiaire le plus avantageux ne sera pas toujours le même. Une raison supplémentaire, pour les particuliers qui souhaitent se lancer dans des travaux d’économie d’énergie, de bien se renseigner pour monter un projet le plus économique possible. L’objectif étant, au final, de cumuler les économies liées à la baisse de consommation d’énergie avec la meilleure valorisation possible des CEE correspondant.

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