Economie d’énergie, les villes montrent la voie aux gouvernements

Le local est-il plus efficace que l’international ? Les maires de plusieurs villes étaient réunis fin mai 2011 à Sao Paulo pour partager leurs expériences autour des économies d’énergie. Il en ressort des accords concrets et une volonté d’avancer encourageante à six mois du sommet de Durban.

tramway à strasbourg

« Les chefs d’Etats parlent beaucoup du changement climatique, mais nous, dans les villes, nous agissons ». Venant du maire de Copenhague, la citation montre un sentiment d’urgence partagé par de nombreux responsables locaux. Il l’a prononcée en marge du « Cities 40 » de Sao Paulo. Les grandes villes du monde se réunissaient pour échanger très concrètement sur le thème des économies d’énergie.

Ainsi, Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, est venue parler du développement des modes de transports doux comme le Vélib’. La représentante française venait également passer des accords de collaboration avec la ville hôte autour des traitements des déchets.

Agir à l’échelle des villes

Les villes accueillent la moitié de la population humaine et représentent 70% des émissions totales de gaz à effet de serre. Leur mobilisation est donc essentielle dans la lutte contre le changement climatique.

Elles se sont engagées résolument dans le développement durable et n’hésitent pas à s’entraider. Les 3 jours de discussions ont vu fleurir beaucoup d’accords. La société Honeywell, basée à Morristown, New Jersey, s’engage à équiper 21 bâtiments publics de Johannesburg avec des ampoules basse consommation et des chauffe-eaux solaires.

Dans le même esprit,  Siemens et Schneider Electric vont diminuer de 30% la consommation de 271 bâtiments publics de Houston, Texas. Ces actions ne sont pas dénuées d’intérêt économique. « La plupart des mesures que vous pouvez prendre pour augmenter l’efficacité énergétique de vos immeubles, comme placer des ampoules basse consommation ou améliorer l’isolation, présentent de forts taux de retour sur investissement, précise Arah Schuur,  directeur du programme rénovation des bâtiments de la fondation Clinton. C’est bon pour le business et pour l’environnement. »

Entre l’approche du sommet international sur le climat de Durban, en décembre, et l’expiration à venir en 2012 des accords de Kyoto, il est grand temps de passer aux actes.

« Les Mairies ont l’occasion d’être à la pointe des innovations peu consommatrice de carbone et ainsi d’influencer grandement les gouvernements nationaux et les politiques internationales », affirmait Kulveer Ranger le conseiller environnemental du maire de Londres.

La capitale anglaise travaille d’ailleurs au remplacement des lumières du Tower Bridge pour 2012 et à l’installation de 1300 bornes de chargement pour véhicules électriques d’ici 2013.

Les actions à l’échelle locale ne doivent pas empêcher les prises de décisions globales

Cependant la communauté internationale ne doit pas se reposer sur les efforts des collectivités locales. Sans accord planétaire, « aucune de ces mesures n’aura de sens » avance Sergio Besserman, président de la Chambre en charge du développement durable à Rio.

Selon les Nations Unies, si le budget international annuel consacré à l’efficacité énergétique  passait de 300 milliards de dollars à 1 000 milliards de dollars, la consommation d’énergie serait réduite d’un tiers d’ici à 2050. Quels seront les objectifs définis au prochain sommet de Durban, fin 2011, qui doit dessiner l’avenir post-Kyoto ?

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