Les moteurs à haut rendement généralisés à l’horizon 2017

Dans le cadre de l’amélioration de la performance des équipements électriques, le rendement des moteurs électriques utilisés dans le tertiaire et l’industrie devra s’améliorer fortement à l’horizon 2017.

Dans l’industrie et les bâtiments tertiaires, les moteurs sont partout. Convoyage, climatisation, ventilation, pompage, air comprimé, on estime que 70% de la consommation d’électricité dans l’industrie concerne les moteurs. Le rendement d’un moteur électrique est donné par le rapport entre la puissance mécanique délivrée et la puissance électrique absorbée. L’augmentation du rendement permet, pour une même puissance mécanique délivrée, de consommer moins d’électricité. Une recherche d’efficacité électrique motivée à la fois par l’objectif environnemental, mais aussi par une recherche d’économie et de performance pour les industriels.

La réglementation européenne

L’article 3 du règlement 640/2009, mis en application dans le cadre de la directive européenne éco-conception 2005/32/CE, impose des normes de rendement strictes aux moteurs électriques, labellisées IE1 (rendement standard), IE2 (haut rendement) et IE3 (rendement prémium). Le rendement des moteurs devra atteindre le label IE2 en Juin 2011, et le label IE3 (ou IE2 équipé d’un variateur de vitesse) en janvier 2017.La Commission européenne espère ainsi réduire de 135 TWh la consommation électrique de l’Europe des 27 d’ici à 2020.
Pour les entreprises concernées, cette directive se traduira par une montée en gamme de leur appareillage : le Comité de coordination des Associations de constructeurs d’appareillage électrique industriel de l’Union Européenne (Capiel, pendant du Gimélec en France) estime que ces exigences entraînent certes une augmentation du coût d’achat du moteur, mais que cette augmentation devrait être compensée par l’énergie économisée durant toute la durée de vie du moteur. Au final, le coût du cycle de vie des moteurs à haut rendement (IE2 ou IE3) serait bien inférieur et rentabilisés en moyenne en 24 à 36 mois.

L’efficacité électrique : le moteur et le système

Au-delà des normes qu’il juge cohérentes, Capiel (qui rassemble Siemens, Schneider Electric, ou Legrand à l’échelle européenne) pointe un des défauts au règlement : en fixant des performances minimum d’efficacité énergétique aux seuls produits (soit les moteurs triphasés asynchrones), la réglementation ne prend pas en compte les autres composants de l’installation. L’association recommande pour sa part aux industriels de privilégier une approche plus globale, intégrant le moteur dans le système d’entraînement complet. C’est là que reposeraient, pour les acteurs de la filière, les véritables potentialités d’économie énergétique. Une approche qui nécessite de repenser le moteur intégré au reste des équipements. Capiel incite donc les industriels à se pencher sur l’usage de variateurs de vitesse permettant de moduler le rythme de fonctionnement du moteur en fonction des besoins de production, ou des démarreurs électromagnétiques utilisés pour limiter la puissance appelée lors de l’enclenchement.
Le moteur à haut rendement permettra, à défaut d’une efficacité électrique optimale, de se conformer aux évolutions réglementaires. Il constitue une occasion pour les acteurs de la filière de réfléchir au véritable potentiel d’efficacité électrique, non seulement de leurs moteurs, mais aussi de l’ensemble des usines.

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