Le Plan Bâtiment du Grenelle en France : vers le BEPOS

La loi Grenelle 1, votée en juin 2009, établit des objectifs ambitieux en termes d’efficacité énergétique du bâtiment : diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050, porter à 23% la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’ici 2020 et mettre en place du Plan Bâtiment. Représentant 40% de l’énergie totale consommée en Union européenne et 46% en France, le bâtiment constitue un levier essentiel des politiques d’économie d’énergie.

Le plan bâtiment : réduction de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre

Le Plan Bâtiment se donne pour objectif une réduction, dans le secteur du bâtiment, de 38 % de consommation d’énergie et de 50% des émissions de gaz à effet de serre pour 2020. Ces objectifs s’articulent en partie autour d’une politique réglementaire appliquée à la construction de bâtiments neufs. En 2012, tous les nouveaux bâtiments construits seront conformes au label BBC (Bâtiment à Basse Consommation) : conformément à la RT 2012 (Réglementation Thermique), ils devront consommer moins de 50 Kwh/m² par an, contre 150 Kwh/m² par an pour la RT 2005. 400 000 logements par an devront être rénovés à compter de 2013, et 800 000 logements sociaux les plus énergivores d’ici 2020. La rénovation énergétique de tous les bâtiments d’Etat et de ses bâtiments publics sera engagée d’ici 2011. En 2020, tous les nouveaux bâtiments devront être à énergie positive (BEPOS), c’est-à-dire qu’ils produiront plus d’énergie qu’ils n’en consommeront.

Trois étapes pour parvenir au BEPOS

Dans les objectifs du Plan Bâtiment, trois étapes sont proposées. Après la construction généralisée de bâtiments conformes à la RT 2012, l’objectif est de parvenir à l’avènement des « maisons passives », dont la consommation énergétique est très basse, et dont le nombre est déjà significatif en Allemagne et en Suisse. En 2020, une maison construite devra répondre aux contraintes du BEPOS (bâtiment à énergie positive). Elle ne consommera plus qu’une très petite quantité d’énergie fossile, produisant sa chaleur via des systèmes de pompe à chaleur ou de solaire thermique, et obtiendra l’électricité nécessaire aux fonctions du bâtiment grâce à des équipements à énergies renouvelables.

L’optique de réduction progressive de la consommation énergétique dans le secteur du bâtiment.

L’exigence finale des BEPOS, une production conséquente d’électricité d’origine renouvelable dont une petite partie au moins sera réinjectée dans le réseau de distribution, nécessitera plusieurs préalables. D’abord, le bâtiment devra disposer d’un équipement conséquent en moyens de production, permettant de s’approvisionner à plusieurs sources d’énergies renouvelables pour produire de l’électricité et faire fonctionner les équipements thermodynamiques (type pompes à chaleur). Ensuite, le bâtiment enregistrera des performances excellentes en termes d’isolation thermique. Enfin, l’ensemble des fonctions électriques du bâtiment auront une sobriété exemplaire et seront pilotées. Sans quoi le solde entre énergie produite et énergie consommée restera négatif.
Cette maison du futur pourrait, dans l’idéal, être autonome du point de vue de son alimentation électrique. C’est le cas du siège social d’Abalone Energie, premier bâtiment européen autonome et sans rejet de gaz à effet de serre. Cependant, aujourd’hui, la plupart des BEPOS construits ne sont pas totalement autonomes, et restent, notamment durant la période hivernale, dépendants d’un approvisionnement électrique d’appoint.

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