L’efficacité électrique ou la recherche de l’optimum électrique

Confrontés à un accroissement des prix des hydrocarbures, les Etats industrialisés s’intéressent de plus en plus aux potentiels d’économies d’énergie : le gaspillage d’électricité, autrefois indolore, est désormais une préoccupation de premier plan….

L’étude annuelle commandée par le ministère français de l’Ecologie, du développement durable, des Transports et du Logement sur la production et la distribution d’électricité estime à 5,8 % la quantité d’électricité produite et non consommée. En ajoutant à ce pourcentage l’électricité « mal » consommée, les économies potentielles sont de l’ordre de 20%. Aux Etats-Unis, le Lawrence Livermore Laboratory estimait en 2009 que 58% des énergies primaires consommées ont été gaspillés en chaleur. Selon son étude, les deux secteurs responsables des principales pertes sont la production et la distribution d’électricité, ainsi que le transport.

Efficacité électrique = efficacité + efficience

L’efficacité électrique intègre en fait une double exigence. D’abord, la recherche d’efficacité stricto sensu : faire fonctionner un appareil (ou un ensemble d’appareils) de façon à ce que l’ensemble des tâches attendues soit effectivement réalisées. Ainsi, on attend d’une lampe de chevet qu’elle produise suffisamment de lumière pour pouvoir, par exemple, lire un livre. Mais à cet objectif, apparemment évident, s’ajoute une autre exigence : celle de la recherche d’efficience.
L’efficience, de ce point de vue, consiste à apprécier le rapport entre les moyens mis en œuvre et les résultats obtenus. Par exemple, la lampe me permettant de lire convenablement est certes efficace, mais si elle consomme pour cela une quantité d’énergie qui devrait permettre de faire fonctionner deux lampes en même temps, son efficience est faible. Autrement dit, en alliant efficience et efficacité, il s’agit de rechercher un optimum.
Pour atteindre cet optimum, il s’agit à la fois de limiter autant que possible les pertes d’énergie, mais également d’obtenir une efficacité plus grande des appareils. Tout cela aboutissant à un seul et même objectif : rendre le meilleur service électrique possible, au regard de la dépense électrique consentie. En effet, une double contrainte pèse sur la consommation d’électricité : son cout et son impact environnemental.

Promouvoir l’efficacité électrique : l’impact des pouvoirs publics

Même si la part des énergies renouvelables ne cesse de s’accroitre, et en dépit de la part importante d’électricité d’origine nucléaire, l’électricité reste produite en grande partie à base d’énergies fossiles « classiques » : c’est une énergie secondaire, souvent issue de la combustion de pétrole, gaz et charbon. Ces combustibles cumulent deux handicaps importants : ils sont à la fois chers et polluants. C’est ce qui explique que de nombreuses politiques publiques se donnent comme objectif de promouvoir l’efficacité électrique afin d’améliorer, d’une part, la compétitivité des entreprises (en faisant baisser leur facture électrique), et d’autre part de limiter l’émission de gaz à effet de serre.
En Chine, le gouvernement a décidé en juillet 2010 de mettre fin aux tarifs préférentiels de l’électricité. Il a ordonné la fermeture de 2 087 usines insuffisamment efficaces dans leur consommation énergétique.
En France, les « Grenelle » I et II de l’environnement ont contribué à l’adoption de normes de plus en plus exigeantes en matière de sobriété des installations électriques, en visant des filières très différentes : l’automobile, le secteur locatif, la construction, l’industrie…
Ainsi, au nom de ce double enjeu (économique et environnemental), et sous l’impulsion de politiques publiques contraignantes (Kyoto) et/ou incitatives (bonus écologiques, réductions d’impôts…), l’efficacité électrique est devenue un objectif partagé par tous les acteurs de la filière.

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