Les Smarts Grids, réseaux de l’avenir ?

Augmentation et diversification des usages, intégration des énergies renouvelables, impératif de sécurité d’alimentation… Les réseaux électriques sont appelés à faire face à des enjeux de plus en plus complexes à gérer. Evoquée depuis des années, la solution des réseaux intelligents –les smart grids- commence à être mise en œuvre dans les principaux pays industriels.

Qu’est-ce que les « smart grids » ?

Le terme de « Smart Grid » (ou « réseau de distribution d’électricité intelligent ») renvoie à l’intégration des technologies de l’information et de la communication au sein même du réseau (et de ses composants), afin de permettre un meilleur pilotage de celui-ci. Concrètement, des capteurs sont installés sur l’ensemble des points stratégiques du réseau domestique, reliés au réseau informatique, et ils transmettent leurs données à de puissants logiciels capables d’analyser de multiples variables. Cette multitude de données individuelles est ensuite  synthétisée au niveau national, ou supranational (avec le Super Smart Grit par exemple). Le réseau est ainsi dit « intelligent » de par sa capacité à communiquer et à traiter ces multiples données (de consommation, de climat, de prospective …). L’objectif est alors de permettre un ajustement optimum entre production et consommation.

Les objectifs du « réseau intelligent »

Cet ajustement doit permettre, d’une part, de réduire les pics de consommation, en répartissant mieux la consommation dans le temps. On pense au départ différé de certains appareillages électroménagers, mais cela peut concerner également la gestion du thermostat, avec des micro-adaptations automatiques, insensibles pour le consommateur. Les offres tarifaires peuvent d’ailleurs intégrer ce genre d’approche pour sensibiliser les consommateurs finaux aux contraintes du réseau. Autrement dit, le smart grid réintroduit une capacité d’effacement (par ailleurs en voie de disparition) via les particuliers, en « consolidant » sur des millions de foyers les efforts consentis individuellement.

D’autre part, le réseau intelligent vise à remplir les obligations de sécurité face aux fortes contraintes générées par la hausse continue de la consommation. Il devient ainsi possible d’intégrer au bouquet de production des sources d’énergie volatiles et/ou décentralisées (photovoltaïque local, éolien…) de façon plus efficace. Globalement, la stabilité du réseau est affermie par la possibilité d’anticiper et de mieux localiser les besoins de production (y compris l’importation).

Bénéfices attendus ?

Dans une ville comme Taiwan, où le gouvernement a décidé d’investir massivement dans le smart, on estime ainsi possible d’économiser 10% sur la consommation électrique en gérant automatiquement les équipements de veille, et jusqu’à 20% en gérant la climatisation de la même façon. Du point de vue environnemental, le Département de l’Energie américain a indiqué qu’en rendant le réseau électrique plus efficace de 5%, l’économie réalisée serait comparable à la suppression des émissions de Co² de 53 millions de voitures. D’autant que les études montrent une véritable appétence des consommateurs.

En Europe, une étude du RGI (Renewables Grid Initiative, une ONG soutenue par de nombreux acteurs européens de la filière électrique) assure même que le passage au SuperSmartGrid permettrait de basculer d’ici 2050 sur un réseau alimenté uniquement en énergies renouvelables.

Pour autant, le réseau intelligent ne saurait être vu comme une panacée. D’une part, il pose encore des questions en termes d’accès aux données personnelles des usagers, qui n’ont à ce jour toujours pas reçu de réponse définitive. Ensuite, son acceptabilité dépendra de sa capacité à démontrer le bénéfice concret pour les consommateurs : promotions tarifaires, baisse de la consommation… Enfin, son déploiement est tributaire de l’équipement des ménages en compteurs intelligents : un chantier qui reste en cours.

Bookmark and Share

About admin