Efficacité énergétique en Europe : nouvelles orientations pour 2020

En adoptant en mars dernier une série de propositions visant à promouvoir de nouvelles politiques d’efficacité énergétique dans les Etats membres , la Commission européenne a confirmé la vigueur de son engagement en la matière.  Le bâtiment est le premier secteur visé, mais la Commission souhaite également toucher les consommateurs individuels par des mesures incitatives.

Après un premier bilan à mi-parcours du plan énergie climat, la Commission européenne a estimé nécessaire de mettre en place de nouvelles orientations de politiques publiques pour remplir les objectifs d’économie d’énergie et d’efficacité électrique à l’échelle du territoire européen. En effet, si l’objectif de 20% d’énergies renouvelables devrait être atteint, les gains en termes d’efficacité énergétique ne devraient pas, au rythme actuel, dépasser les 10%.  C’est pourquoi la Commission  a défini, le 8 mars dernier, une nouvelle série de proposition  visant à promouvoir l’efficacité, qui devrait se traduire en propositions de directives dans les mois qui viennent.

Le bâtiment, cible prioritaire pour 2020

Plusieurs difficultés ont été soulevées par la Commission européenne. Même si elle note les efforts entrepris dans la gouvernance énergétique par les acteurs nationaux, la question ne lui semble pas encore assez élevée dans l’ordre des priorités des agendas nationaux. Dans le secteur du bâtiment notamment, les possibilités de gains en termes d’efficacité énergétique sont encore sous-estimées et la main d’œuvre qualifiée manque pour les travaux de rénovation.

Dans une perspective d’exemplarité, le secteur public sera particulièrement mis à contribution : les pouvoirs publics seraient obligés de rénover au moins 3 % de leurs bâtiments chaque année, et d’intégrer, l’efficacité énergétique parmi les critères d’attribution du projet. Le poids du secteur public et l’importance de son parc immobilier permettraient de soutenir le marché du service à l’efficacité énergétique et le développement de compétences en la matière. Pour les bâtiments privés, la Commission réfléchit à de nouveaux types d’incitations à la rénovation du bâtiment : le partage des coûts entre propriétaires et locataires pourrait faciliter la prise de décision en la matière, comme le développement de services innovants.

Le consommateur, acteur clé des économies d’énergie

Par ailleurs, la  Commission souhaite diffuser les bonnes pratiques chez les consommateurs finaux, notamment via de nouvelles séries de normes d’éco-conception sur le petit électroménager, ou encore la diffusion des étiquettes permettant d’informer le consommateur de la performance énergétique de ses équipements (ou de son habitat). Enfin, la Commission souhaite offrir aux consommateurs les moyens de maîtriser leur consommation d’énergie, en les équipant d’outils de mesure en temps réel. La Commission compte ainsi sur le déploiement d’un « réseau intelligent » à l’échelle de l’Union européenne, en s’appuyant sur les près de 80% des consommateurs européens qui devraient selon les projections être équipés de compteurs intelligents en 2020. Des compteurs qui permettraient aux consommateurs européens de définir des solutions pour réduire leur consommation énergétique.

Cependant, la mise en œuvre de ces initiatives ne manquera pas de poser un certain nombre de questions et de difficultés, au premier rang desquels la définition d’objectifs chiffrés (et contraignants) dans les Etats membres. Jusqu’à aujourd’hui, la Commission souhaite donner aux états membres jusqu’à 2013 pour mettre en œuvre ses recommandations. Le Parlement européen souhaite, lui, que des objectifs soient fixés dès 2011.

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