Avec son 12e plan quinquennal, la Chine espère concilier croissance et efficacité énergétique

Deuxième puissance économique mondiale depuis le deuxième trimestre 2010, la Chine a pris conscience depuis plusieurs années de l’impact environnemental de son modèle de développement. Depuis son 10e plan quinquennal, le pays cherche à promouvoir les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, ce qui a entraîné le développement rapide de nouvelles industries énergétiques comme l’éolien, le solaire ou le nucléaire. Le 12e plan quinquennal cherche à passer d’une croissance forte vers une croissance plus durable. Quelles innovations apporte-t-il ?

La Chine est à la fois le plus gros émetteur de dioxyde de carbone au monde et un acteur majeur des technologies propres

Dans les 5 dernières années, le PIB de la Chine a cru à un taux annuel moyen de 11,2%. Selon l’Agence internationale de l’énergie dans son rapport de juillet 2010, « la Chine aurait dépassé les Etats-Unis en 2009 pour devenir le plus grand consommateur d’énergie dans le monde. Il est frappant de constater que la consommation énergétique chinoise ne représentait que la moitié de celle des Etats-Unis en 2000 ». La Chine est aujourd’hui le plus gros émetteur de dioxyde de carbone au monde.

Même si elle considère, en tant que pays récemment industrialisé, ne pas exercer la même responsabilité dans le réchauffement climatique que les pays occidentaux, elle s’est quand même engagé dans une politique de diminution de son intensité énergétique : entre 2006 et 2010, la Chine a obtenu une baisse de 19,1% de sa consommation énergétique par unité de PIB, proche de l’objectif officiel de 20% fixé par le onzième plan quinquennal, selon Wen Jiabao en mars 2011.

Le gouvernement chinois, aidé de ses banques publiques, n’a pas hésité à subventionner avec succès son industrie des énergies renouvelables. En 2011, la Chine compte ainsi sept des quinze premiers fabricants de panneaux solaires. Suntech (leader mondial), Yingli ou JA Solar fournissent aujourd’hui plus le moitié de la demande mondiale. De plus, la Chine a installé 50 % des nouvelles capacités éoliennes mondiales en 2010, portant sa capacité installée cumulée à 42,2 GW, la première au monde devant les États-Unis.

Le 12e plan quinquennal poursuit le développement des énergies propres

L’un des principaux objectifs du 12e plan est donc de freiner la croissance à un niveau de 7% par an et de mettre en avant un modèle de développement plus durable. La consommation énergétique chinoise par unité de PIB devrait diminuer de 16% sur les cinq prochaines années (2011-2015). Un objectif de réduction de l’intensité carbonique (émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB) apparaît pour la première fois. Il fixe une baisse de 17% d’ici à 2015, afin de permettre d’atteindre l’engagement de réduction de 40% à 45% entre 2005 et 2020 annoncé lors de la conférence de Copenhague.

La proportion d’énergies non issues des carburants fossiles dans la consommation énergétique primaire doit atteindre 11,4% durant cette période, contre 8,3% en 2010 (l’objectif est d’atteindre 15% en 2020). La Chine souhaite ajouter une capacité totale de 235GW en énergies renouvelables ou à émissions carbone réduites au cours des cinq prochaines années. La capacité en énergie éolienne sera augmentée de 70GW (elle est d’environ 42 GW aujourd’hui), celle en solaire de 5GW (pour environ 625MW aujourd’hui) et celle en énergie hydroélectrique de 120GW (contre 210GW). Malgré l’incident survenu à Fukushima, la Chine prévoit une augmentation de 40GW de sa capacité nucléaire et un investissement dans les réacteurs de quatrième génération. 27 réacteurs devraient être construits, qui s’ajouteront aux 13 déjà en service. Cela représente 40 % des chantiers atomiques dans le monde.

Le 12e plan ne se limite plus aux seules technologies de production d’électricité, mais s’intéresse aussi aux technologies permettant des processus de production plus propres ou optimisant la distribution (smart grids) et l’utilisation (efficacité énergétique) de l’électricité

Le 12e Plan quinquennal chinois continuera à encouragerla production d’énergie à partir de la biomasse (7,2GW de capacité installée d’ici 2015), le gaz naturel non conventionnel comme le gaz de schiste, et le développement  des technologies du charbon propre (capture et le stockage du CO2 dans les centrales à charbon, polygénération).

Il prévoit aussi un investissement dans les « smart grids », déjà engagé depuis mai 2009. La Chine voudrait développer des réseaux à ultra-haute tension.

Enfin, en matière d’efficacité énergétique, des programmes d’économie d’énergie vont être lancés dans 10 000 entreprises, qui devrait être un prolongement du précédent programme, centré sur 1 000 entreprises et considéré comme un succès. Une taxe environnementale ou un marché carbone pourraient être mis en place dans des provinces pilotes. La taxe sur les ressources naturelles et celle sur les produits consommateurs d’énergie seront augmentées. La tarification de l’énergie (carburant, gaz naturel, électricité) devrait être revue pour être adaptée aux différents usagers et prendre en compte l’origine de la production électrique (notamment énergies renouvelables).

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